Odyssée dans les coulisses de l'illusion

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David Hoffos, Scènes d'un rêve casanier, Hôtel d'aéroport... (Photo: David Miller)

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David Hoffos, Scènes d'un rêve casanier, Hôtel d'aéroport (détail) 2004. Avec l'autorisation de l'artiste et de la galerie TrépanierBaer, Calgary.

Photo: David Miller

Valérie Lessard
Le Droit

Contrairement à certains magiciens qui gardent jalousement leurs secrets, l'artiste David Hoffos est un illusionniste qui ne craint pas de montrer à son public comment il les a bernés.

Ses Scènes d'un rêve casanier, exposition présentée au Musée des beaux-arts du Canada à compter d'aujourd'hui, se déclinent non seulement en une vingtaine d'installations et de fenêtres qui s'ouvrent sur des mondes créés de toutes pièces, mais aussi en autant de moniteurs, projections vidéos, jeux d'éclairages, silhouettes trouées dans les murs qui donnent toute leur dimension à son oeuvre.

« Créer une illusion est aussi important pour moi que d'en montrer le processus de mise en place, fait valoir le Montréalais d'origine et Albertain d'adoption. Parce que si c'est chouette de se faire duper par une illusion, c'est encore plus intéressant, selon moi, de comprendre comment on a pu l'être. »

Résultat de cinq ans de travail en studio, Scènes d'un rêve casanier transporte les visiteurs dans des décors élaborés de longue haleine - souvent sombres, voire parfois sinistres - pour rendre en quelque sorte « l'anxiété de notre époque », soutient David Hoffos. Des décors dans lesquels ils verront, à travers des fenêtres, tantôt un homme à bicyclette rouler dans une rue de banlieue, indifférent aux feux d'artifice qui éclatent dans le ciel ; tantôt un enfant tentant lui aussi, à l'instar du spectateur, de voir ce que son père fait dans le salon ; tantôt une femme se déplaçant sur un navire qu'on pourrait croire en train de couler ; tantôt des vagues déferler sur la plage d'un phare où un homme, solitaire, semble lancer des galets dans l'eau.

Habiles jeux de perception

Autant d'installations mariant habilement la vidéo, les jeux de miroirs, les effets d'éclairage, les décors de bois et de carton. Dans l'angle optimal, l'illusion s'avère parfaite, mais pour peu que la personne déplace son regard de quelques centimètres, changeant ainsi sa perspective sur l'installation, elle entre dès lors dans les tout aussi fascinantes coulisses de celle-ci. Au détour, quelques surprises visuelles se dévoileront au public attentif, qui pourra même se voir à l'extérieur de la maison victorienne - qui fait indéniablement penser à une maison de poupées - qu'on peut admirer à la fin du parcours.

L'illusion des Scènes passe également par les atmosphères qu'il a conçues pour donner l'impression aux gens - qui seront admis à raison de 30 à la fois dans la salle d'exposition - qu'ils entrent bel et bien dans une autre dimension. Ça passe autant par la noirceur et l'étroitesse du corridor dans lequel les visiteurs sont invités à circuler (et qui s'élargit tranquillement) que par la musique ambiante, qui exacerbent la sensation d'oppression qui prévaut notamment dans la première partie de l'exposition.

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