René Richard Cyr signe la mise en scène, l'adaptation et la traduction de Beaucoup de bruit pour rien, spectacle qui fait halte ce soir et demain à la Maison de la culture de Gatineau dans le cadre des sorties du Théâtre du Nouveau Monde.
Un groupe de soldats débarque chez le gouverneur Léonato pour célébrer une victoire. L'occasion est parfaite pour Bénédict (David Savard) de poursuivre la joute verbale qu'il entretient depuis des années avec l'indépendante Béatrice, interprétée par Macha Limonchik. Pendant qu'ils aiguisent leurs répliques, le jeune Claudio tombe amoureux de la fille du gouverneur, Héro. Un mariage qui pourrait être compromis par un obscur personnage.
Le plaisir de la fantasie
C'est une histoire très convenue, admet David Savard, soulignant que tout le plaisir de cette pièce réside plutôt dans la fantaisie et la joie qu'éprouvent les personnages à se trouver dans des situations loufoques. Le comédien que l'on peut voir dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin a débuté sa carrière sur les planches en décrochant des rôles dans des classiques, que ce soit des commedia dell'arte, du Molière ou encore du Victor Hugo. S'il éprouve un plaisir à ce mettre en bouche ces textes parfois périlleux, il dit travailler davantage sur le maintien. « C'est un travail plus physique dans mon cas, il y a une certaine prestance à maintenir quand on récite du Shakespeare, ce qui n'est pas très naturel chez-moi », souligne-t-il avec un grand sourire dans la voix.
La pièce Beaucoup de bruit pour rien vient briser assez facilement les idées préconçues ou les appréhensions que certains spectateurs peuvent entretenir au sujet de la prose shakespearienne. « Les gens restent surpris car ils s'attendent à quelque chose de lourd ou de long, mais au contraire, c'est une pièce qui apporte beaucoup de bonne humeur. C'est une belle surprise », ajoute-t-il.
David Savard décrit son personnage de Bénédict comme un pendant masculin de celui de Béatrice. « C'est deux orgueils qui se rencontrent et qui ne croient pas en l'amour. Ils se disputent une joute verbale devant les autres depuis des années. Ils hésitent à se laisser gagner par l'amour. »
C'est d'ailleurs dans cet improbable coup de foudre que se cache une bonne partie du potentiel comique de cette pièce, explique le comédien. « Amoureux, Bénédict devient un mollasson, c'est très théâtral. Il devient une guenille et une vraie jeune fille en fleur ! »










