Pour souligner la parution du premier numéro du Devoir, le 10janvier 1910, un gala bénéfice réunissant 550 personnes dont une bonne partie du gratin politique québécois s'est tenu hier soir au Marché Bonsecours.
La journaliste Anne-Marie Dussault, de Radio-Canada, animait la soirée au coût de 350$ le billet.
Dans un discours, le directeur du quotidien, Bernard Descôteaux, a prononcé a rappelé les moments forts du journal.
«Si on peut résumer en quelques mots ce qu'est le combat du Devoir, nous dirions simplement que c'est le combat du Québec. Il le mène à sa manière en dehors des lignes de parti.»
Il a aussi annoncé que le journal avait connu sa meilleure année depuis 30 ans. Un peu plus tôt dans la journée, M.Descôteaux avait précisé que le bénéfice devrait atteindre plus de 500000$ pour l'année financière de 2009, sur un budget de 17 millions de dollars.
À la blague, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a menacé de se servir de ces chiffres pour prouver aux partis de l'opposition que la province se portait bien financièrement.
«Laissez-moi vous dire à quel point cela va bien, l'économie du Québec, l'an dernier, le journal Le Devoir a fait de l'argent», a-t-il dit, provoquant des rires.
Dans son discours, M.Charest a rendu hommage au quotidien pour son «histoire merveilleuse» et sa «grande influence dans le débat public au Québec». Une motion devrait d'ailleurs être déposée le 17février à l'Assemblée nationale pour reconnaître l'apport de ce média connu pour son indépendance.
En plus du premier ministre, de nombreux représentants politiques étaient présents, notamment la chef péquiste Pauline Marois, le chef bloquiste Gilles Duceppe et le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Le chef libéral fédéral, Michael Ignatieff, était également présent, ainsi que la ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, le pdg de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, le cardinal Jean-Claude Turcotte et le président du Fonds de solidarité FTQ, Michel Arsenault.
Le Devoir, créé par Henri Bourassa, a toujours été considéré comme un journal de «réflexion et d'influence».
Son tirage est modeste, près de 28000 exemplaires en semaine et 45000 pour l'édition du week-end, mais il est en progression constante depuis 10 ans.
Il a notamment été dirigé par Claude Ryan, Lise Bissonnette et Gérard Filion. Bernard Descôteaux en est le directeur depuis 1999.










