Guns N' Roses, hier soir, à la Place Banque Scotia

En retard, mais généreux

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L'attente, la trop longue attente, a toujours été et sera toujours le sport... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Marc André Joanisse
Le Droit

L'attente, la trop longue attente, a toujours été et sera toujours le sport national des inconditionnels de Guns N' Roses.

Axel Rose et ses collègues n'ont aucune notion du temps. Ils étaient attendus à 21h30, hier soir, à la Place Banque Scotia. On leur a vu le bout du nez, à 23h15 pour le début d'une prestation de près de trois heures. Oui, il était  près de deux heures du matin quand on a quitté l'amphithéâtre.

On ne fera pas le procès de Rose et de son attitude déplaisante et détestable, mais à un moment donné, on a entendu des huées venant d'une foule exaspérée. Trop c'est trop et le public lui a fait savoir, comme il l'avait fait à l'occasion de son dernier passage à Ottawa, en 2006.

Bon Axel Rose a chanté et il a couru aux quatre coins de la scène. Il s'est surtout dirigé fréquemment dans les coulisses, question de se désaltérer. On l'a compté, il a changé de costume à neuf reprises. Neuf reprises, c'est autant que Stevie Nicks durant ses spectacles en solo. Le chanteur est rendu à 47 ans et sa voix est la même, toujours si nasillarde. Rose peine à atteindre certaines notes, mais sa performance vocale n'a déçu personne, il y a quelques heures.

Les 8 000 irréductibles de Guns N' Roses en ont eu pour leur fric. Ils carburent au rock américain et le groupe lui en a donné amplement. Une musique rendue au premier degré et en quantité industrielle, de surcroit.

À 23h17, une musique caverneuse s'est fait entendre au moment où une vidéo étrange était projeté sur des écrans. Le public a tout de suite reconnu «Chinese Democracy», le dernier disque de Guns N' Roses, paru après une attente de 15 ans. Le disque souffre d'une sur-production. Sur scène, c'est cru et c'est en plein ce que les admirateurs d'Axel Rose veulent entendre. La chanson-titre, «Scraped», «Street of Dreams» et «Madagascar» ont vraiment bien franchi la distance entre le studio et la scène.

Les chansons récentes et les plus anciennes ont été appuyées par trois guitaristes, pas mauvais du tout, Richard Fortus, Ron «Bumblefoot» Thal et D.J. Ashba.

Oui, ils ont fait «Welcome to the Jungle», «Mr. Brownstone», «Sweet Child o' Mine», «Rocket Queen» et bien sûr, «Paradise City», cette dernière, interprétée à la toute fin. Impossible de passer sous silence la version de «November Rain» avec Rose, assis au piano. Son doigté n'a rien de celui d'un pianiste classique ou encore d'Elton John.

Le groupe se tape aussi quelques interprétations. Sa version de «Live and Let Die» de Paul McCartney est connue et appréciée, mais elle ne parviendra jamais à faire oublier celle du bassiste des Beatles. On peut en dire autant de «Knockin' On Heaven's Door», de Bob Dylan.

À 1h20, le groupe a retraité après «Nightrain». Un rappel s'imposait. Un rappel, mais aussi, une attente, plutôt brève, cette fois-ci.

Mais Guns N' Roses ne fait rien comme les autres. Il a pu compter sur l'apport du comédien Mike Smith de la série télévisuelle «Trailor Park Boys» pour le premier de six rappels dont la finale, «Paradise City». Elle s'imposait, celle-là, tout comme la très courte nuit.

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