Hier soir, à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau, le Cajun le plus connu de la francophonie a donné un de ses spectacles les plus introspectifs en carrière. Une prestation où les mots et les airs doux se sont retrouvés au premier plan.
L'auteur-compositeur-interprète a surtout pigé dans son répertoire actuel et dans un autre, assez lointain. Il a même fait No French, No More, entendue en 1990 sur Woman in the World. Une chanson engagée, dédiée à Gisèle Lalonde et à l'hôpital Montfort. Une dédicace appropriée et appréciée. Beau geste et qui témoigne de son attachement à la région et de sa connaissance.
Pour lui donner la réplique sur scène, trois musiciens et non les moindres : le prolifique guitariste Simon Godin ; l'ancien bassiste d'Octobre, Mario Légaré ; et l'ex-percusionniste de Maneige, Paul Picard.
Zachary Richard ne pouvait trouver mieux pour l'accompagner dans ce voyage tout en douceur et en subtilités. Subtilités surtout au niveau musical où les influences sont nettement folk-rock avec des assaisonnements de cajun et de country.
Bref, une soirée inoubliable entamée brillamment avec Pagayez avant de passer à Petit Codiac et Cap Enragé dans une version moins poussée et encore plus percutante.
La grandeur du conteur
Zachary Richard sait chanter, ça, tout le monde le sait. Il se veut aussi un brillant conteur. Parfois d'histoires vraies, parfois de légendes. Hier, il a été question des moustiques gros comme des bergers allemands en Louisiane pour introduire Au bord de Lac Bijou, une des plus belles chansons de son répertoire pourtant bien nanti. Puis, un premier extrait de l'album anglophone, Last Kiss. On a eu l'occasion d'entendre également la chanson-titre et Same Day. Les chansons de cet album se glissent bien à l'intérieur de son dernier spectacle. Idem pour La Ballade de DL 8-153, rendue avec banjo, harmonica, contrebasse et percussions et une musique rappelant un rare bistrot calme de la Nouvelle-Orléans.
Le voyage introspectif s'est poursuivi au retour de l'entracte avec une version remarquable de Dans le nord canadien. Même chose pour Lumière dans le noir. Des chansons porteuses de messages, mais qui ne tournent pas à la radio. « Pourtant, a-t-il dit, j'ai écrit sur le génocide rwandais, l'ouragan Katrina et la pollution dans le Saint-Laurent, des chansons d'actualité. »
Ce même voyage a pris une autre ampleur quand Zachary Richard s'est installé seul au piano pour Pleine lune. Un moment céleste avant Travailler c'est trop dur, toujours seul au piano et avec la collaboration du public.
Une rare interprétation, Stag O Lee de Wilson Pickett, La promesse cassée dédiée au peuple haïtien et Crawfish où il a exécuté ses célèbres pas de danse, ont été les derniers titres de ce spectacle.
La Ballade Francis Paradis et une autre ballade, celle de Jean Batailleur étaient attendues en rappel.











