Stomp revient poser ses poubelles au CNA

Quand les percussions mènent la danse

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Stomp: une énergie bien orchestrée... et communicative.... (Photo courtoisie)

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Stomp: une énergie bien orchestrée... et communicative.

Photo courtoisie

 

Maud Cucchi
Le Droit

Dans un capharnaüm savamment organisé, Stomp résonne et détonne par les rythmes endiablés des huit artistes présents sur la scène du Centre National des Arts jusqu'au 7 mars.

À la fois comédiens, danseurs et musiciens, ils livrent un spectacle familial d'une originalité surprenante, d'autant plus remarquable qu'elle naît d'un rien, du recyclage d'objets hétéroclites réinventés en formidables instruments de musique pour l'occasion. Quand la percussion orchestre le ballet des ordures, gare à celui qui s'écartera de la mesure!

Boîtes d'allumettes, bidons en tous genres, éviers en inox, papier journal froissé, tubes de plastique, sacs en papier, l'artillerie déployée dans cette mise en scène de Steve McNicholas et de Neil Tiplady aurait de quoi rendre envieuse plus d'une décharge publique. Pourtant, c'est plutôt sous les récompenses et les applaudissements de millions de spectateurs dans le monde que croule Stomp. Créé pour la première fois en 1991 au Royaume-Uni, le spectacle a depuis fait vibrer des salles combles aux quatre coins de la planète.

Fort de cette expérience, il enchaîne avec la facilité d'une machine bien huilée une série de saynètes aux percussions et chorégraphies différentes, du frottement aérien d'un balai-brosse sur le sol au tintamarre assourdissant des couvercles métalliques. La synchronisation impeccable des artistes en devient étourdissante de virtuosité, jusqu'au moindre choc, souffle ou craquement qui s'inscrit avec brio dans la partition d'ensemble.

Cette palette de sons bigarrée ne cesse de se renouveler, par l'exhibition successive d'accessoires incongrus, instruments de musique en puissance. Cliquetis orchestrés de briquets et autres grincements plastiqués défendent une ingéniosité irrésistible. En une heure et demie de spectacle, pas un mot n'est prononcé, seules les percussions mènent la danse et dénichent une musicalité dans la banalité des objets quotidiens. Au comble de la frénésie rythmique, le décor aux allures de panneau à ordures se transforme en une batterie géante impressionnante, vibrante de toutes ses caisses sous les baguettes enfiévrées des danseurs en baudrier.

Pour faciliter une écoute qui sinon, aurait tendance à divaguer, les musiciens se prêtent au jeu  de la comédie par l'esquisse de caractères sociaux : dans cette troupe de joyeux rebelles mi afros - mi punks, chacun se démarque avec un humour plutôt facile. Paradoxalement, c'est précisément en voulant sortir du lot que tous s'affirment dans le mouvement rythmique, ne faisant en définitive qu'un, avec la même énergie imparable, et une vitalité délicieusement communicative. Le public est largement associé à la fête et participe à la mélodie générale des tambours en reprenant, de concert, les rythmes proposés.

Ottawa Food Bank

Si Stomp démontre que l'on peut créer beaucoup à partir de trois fois rien, il invite les spectateurs à faire de même, en s'associant à The Ottawa Food Bank, pour la collecte de dons ainsi que de nourriture non périssable à l'entrée du spectacle. De petits gestes, qui, à l'image du spectacle, trouveront leur propre résonance...

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