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Il était une fois un spectacle musical où le meilleur réussit, au final, à l'emporter sur le moins concluant. Et où le public, surtout, se laisse emporter sans rechigner dans ce pays des mille et une nuits pour se laisser bercer par une histoire d'amour, de jalousie et de pardon.
Dans cette production mise en scène par Yves Desgagnés, Rita Tabbakh incarne une Sherazade à la féminité affirmée et assumée, à la fois sensuelle et tendre, forte et fragile, et à la voix riche et puissante. À ses côtés, Philippe Berghella prête ses traits à un sultan qui, de désillusionné et cruel, deviendra vite happé par les histoires de Sherazade. Au point de tomber amoureux d'elle - et de nous convaincre de son parcours intérieur.
Une trame connue
La trame de Sherazade, les mille et une nuits est connue. C'est celle de Soliman qui, blessé par l'infidélité de son épouse, accueille une nouvelle femme chaque soir dans son lit... d'où la pauvre disparaît le matin venu. Pour sauver sa tête et celle des autres femmes, Sherazade choisit délibérément de se présenter devant le sultan. Et entreprend de lui conter, nuit après nuit, des histoires : celle de Sinbad, d'Aladin, d'Ali Baba et de ses 40 voleurs.
D'un côté de la scène, Sherazade raconte donc les amours de sa petite soeur Jasmina et d'Aladin, tentant de capter non seulement l'attention de Soliman, mais de lui redonner espoir en l'amour. De l'autre, Soliman l'écoute, observant d'abord le couple, puis posant son regard brûlant sur elle. Ce moment où Soliman traverse la scène pour rejoindre Sherazade s'avère l'un des plus ressentis et vibrants du spectacle et marque littéralement le chemin parcouru par l'homme, qui accepte de rouvrir son coeur. Mais Djininnia la sorcière aura tôt fait de jeter un mauvais sort à Jasmina qui se détournera d'Aladin pour s'intéresser au sultan et mettre ainsi en péril la vie de sa soeur aînée...
Effet de pacotille...
La scénographie permet des effets impressionnants, en créant notamment un saisissant effet de profondeur à la scène lorsque le salon du sultan devient souk ou se tend de voilures et de lumières pour créer un ciel étoilé sous lequel se rejoignent les deux amoureux.
Cela dit, les textes et les mélodies de Félix Gray souffrent parfois d'une trop grande volonté à plaquer des rythmes arabisants sur des airs pop, voire rock, donnant du coup un malencontreux effet de pacotille à certains numéros.
La première présence vocale de la sorcière Djininnia (Cassiopée, autrement en pleine possession de ses moyens) en est un exemple patent : si elles collent aux intentions du personnage, les sonorités rock de ce solo ne collent pas du tout à l'esprit des mille et une nuits, il me semble. Même chose pour quelques-unes des chansons livrées par Jasmina (Caroline Marcoux, qui possède pourtant une jolie voix), aux accents trop mièvres pour qu'on croit pleinement à sa jalousie et à sa détresse. Et puis, il y a quelques paroles qui, franchement, (d) étonnent, entre autres quand on compare Sherazade à « une hirondelle posée sur une aquarelle » et qui « entend des millions de violons dans son coeur de papillon »...
En fait, on aurait aimé voir plus souvent les trois musiciens de la troupe (Joseph Khoury, Zied Ben Amor et Mohamed Masmouri) se pointer sur scène, puisque de leurs instruments traditionnels, ils donnaient une envoûtante et réelle touche orientale. La danseuse Amelia, maîtresse incontestable du baladi, a d'ailleurs littéralement séduit la foule à chacune de ses deux présences.











