À la veille de l'ouverture du 12e Festival du film de l'Outaouais (FFO), LeDroit a demandé à l'artiste d'origine hulloise de se prononcer sur les habitudes cinématographiques des représentants de la région. Si certains ont vu les plus récents blockbusters, d'autres avouent candidement ne pas avoir mis les pieds dans une salle obscure depuis un, voire deux ans.
Au banc des accusés: l'emploi du temps plutôt chargé des acteurs politiques.
Une excuse que ne s'explique pas le cinéaste. Philippe Falardeau remercie d'ailleurs l'auteur Yann Martel, qui s'efforce depuis avril 2007 d'envoyer des livres au premier ministre Stephen Harper, chaque deux semaines. À ce jour, tout ce que Yann Martel a reçu du bureau du premier ministre sont cinq accusés de réception de cinq personnes différentes, mais aucun commentaire du premier ministre lui-même.
«C'est dommage, d'avouer qu'on n'a pas le temps d'aller au cinéma, au théâtre, de lire de la littérature, ou pire d'ignorer ces formes d'art. Les arts pas juste le cinéma permettent de remettre en question certaines de nos opinions ou de nous présenter un point de vue auquel on n'avait pas songé. Ça permet de s'ouvrir l'esprit, ou bien, simplement de s'évader.»
«Quand on pense que nos auteurs et cinéastes étaient parfois des décennies en avance sur leur temps, je me dis que c'est important d'entendre et voir ce qu'ils ont à dire. Ça, des gens de tous les horizons politiques peuvent le comprendre.»
Une sphère accessible
Et puis, souligne-t-il, le cinéma et les arts en général sont bien plus accessibles que ne peuvent l'être la finance ou les sciences. «Tout le monde y a accès, gratuitement ou à peu de frais. Il suffit de vouloir s'y intéresser.»
Il est inconcevable pour des députés, maires ou conseillers de ne s'intéresser qu'aux finances et à la justice, par exemple. Leur poste requiert un intérêt pour une multitude de domaines, dont les arts.
Le cinéaste, qui sera absent du FFO cette année, prescrit tout de même à la classe politique le remède suivant. «Ceux qui parmi les élus ne (consomment) pas déjà de la culture devraient prendre la chance d'écouter quatre ou cinq films par an. C'est important de voir les gros succès comme Avatar ou Bon Cop, Bad Cop, oui, mais c'est aussi important de voir les films plus pointus. Les deux sont nécessaires pour apprendre à se connaître.»
L'auteur de C'est pas moi, je le jure! et de Congorama ne manque pas de relever l'ironie de la situation. En grande partie financé à même les fonds publics, le cinéma québécois attire souvent les foules. Mais pas nécessairement les décideurs, du moins, pas dans la région.
Porfali@ledroit.com











