Le plus jeune des vétérans de la scène québécoise était venu présenter son dernier effort, Le monde tourne fort, un album lumineux sur lequel il a posé une plume intelligente et concocté des ambiances musicales fort réussies.
Le temps était maintenant venu de transposer toute cette belle magie sur les planches. Et sans surprise, l'exercice était réussi. C'est d'ailleurs avec la pièce-titre de sa dernière galette que l'Estrien a choisi de donner le coup d'envoi.
Musiciens olympiens
Vincent Vallières prend le temps de jaser ça et là entre les titres, quitte à nous servir un bulletin sportif complètement loufoque durant lequel il a raconté que ses musiciens auraient tous bien pu participer aux derniers Jeux olympiques. Un délire qui a été suivi par les morceaux En attendant le soleil et Sortir du bois, puis Le temps est long, son tout dernier extrait.
Dès les premiers accords de Café lézard, tiré de son Repère tranquille, le public a abandonné en bloc son siège pour bouger. Un peu plus et on oubliait que nous étions seulement un mercredi soir.
Vallières a ensuite donné congé à ses trois musiciens afin d'offrir à la guitare l'essoufflante Époque d'opinions et l'excellente L'amour au coin de la rue, un titre emprunté à un ami comme il l'a admis dans une jolie anecdote où il a été question d'un trottoir par un soir d'hiver glacial, d'une pause-cigarette, d'une belle fille et d'un gars en t-shirt.
Après Février, il s'est payé un second saut dans le temps avec la pièce Tom, de son album Chacun dans son espace. Au retour de l'entracte, Vincent Vallières a repris le service musical avec Je pars à pied. Les chansons se sont ensuite enchaînées : L'espace et le temps, Juliette, Je n'attends plus rien, entre autres, et la théâtrale Table tournante durant laquelle est venue se glisser une histoire trop étrange pour être fausse concernant Éric Salvail et une virée sur la Côte-Nord.
La toune à Gasse a ensuite changé le ton en ramenant le folk au premier plan. Et un spectacle de Vincent Vallières n'est pas un spectacle sans le country de la pièce Le bord de l'eau.
Pour le rappel, il avait gardé dans sa poche la touchante On va s'aimer encore, Un quart de piasse et Ok on part.
Vincent Vallières, c'est le gars bourré de talent qui ne se prend pas la tête pour autant. Ses spectacles sont à son image : simple, accueillant et sans fla-fla. Trois musiciens solides et des éclairages sobres suffisent. La musique fait le reste.
Les spectateurs ont eu droit à une courte première partie avec Jipé Dalpé, que Vincent Vallières est venu lui-même présenter. Il a débuté son tour de piste avec un court solo de trompete avant de prendre sa guitare et de servir un folk rock sympathique qui partageait certains airs de famille avec celui de la tête d'affiche de la soirée. À découvrir.










