Ils sont trois, donc, et partagent une même passion: la musique. Aujourd'hui, ils forment Trois, un groupe pop lyrique québécois qui puise dans un répertoire principalement francophone.
«Plus que des voix, Édith Provost (l'initiatrice du projet et directrice artistique du groupe) voulait trouver trois personnalités compatibles, capables de créer un univers d'harmonies, de raconter des histoires ensemble», explique Pascal Gauthier, qui a commencé à chanter il y a 10 ans, alors qu'il avait déjà 30 ans.
S'ils donnent dans un genre souvent associé aux quatuors à la Il Divo, les membres de Trois veulent néanmoins s'affranchir de l'image de jolis hommes réunis pour chanter la pomme aux femmes à plusieurs voix.
Des «émotions d'hommes»
«Nous, on veut vraiment chanter les émotions d'hommes, dans toute leur panoplie», soutient Martin Moerman. Le pompier de 40 ans, plus habitué à bloquer toute émotion qui pourrait nuire à l'exercice de son métier, a d'ailleurs trouvé sur la scène une façon d'assumer ses forces comme ses faiblesses.
«Un homme, ça rit, ça pleure, ç'a peur, ça fait rire, renchérit Jean-Sébastien Lavoie, âgé de 31 ans. On veut interpréter toutes les facettes d'une nouvelle masculinité moderne. Une pièce comme Mon frère, qui a été écrite pour nous par Édith [Provost], traite justement du suicide, un sujet encore tabou.»
Trois reprend aussi Voir un ami pleurer, de Jacques Brel, ou encore Voici les hommes, l'autre inédite de l'album, écrite par Manuel Tadros sur un air de Händel. Mais il pige aussi dans un répertoire plus connu, incluant Quand les hommes vivront d'amour, de Raymond Lévesque, Hallelujah, de Leonard Cohen, et L'Hymne à l'amour, si intimement lié à la voix d'Édith Piaf.
D'ailleurs, les trois hommes n'hésitent pas à puiser dans des titres qui ont plus souvent été interprétés par des femmes. C'est le cas d'Évangéline ou encore de l'Hymne à la beauté du monde. «Ça ouvre d'autres perspectives, quand ces chansons sont livrées par des hommes. On leur amène une autre émotion», fait valoir Jean-Sébastien Lavoie.
Chaque chanson a été sélectionnée en fonction de la possibilité de non seulement être interprétée par une voix masculine, mais pas trois hommes, qui ont des tessitures différentes.
Des voix distinctes
«Pascal, c'est le ténor classique du groupe, notre Pavarotti à nous, alors que Martin et moi, nous sommes plus près de la pop, avec des couleurs de voix qui se rapprochent plus à celles de Bruno Pelletier ou Sylvain Cossette, s'il faut faire des comparaisons, soutient Jean-Sébastien Lavoie. Donc, après avoir choisi les titres, nous avons enregistré individuellement chaque pièce, afin d'entendre qui était le plus apte à chanter quoi. On a passé six mois en studio, pour réussir à produire Trois.»
Leur album maintenant sous le bras, les ténors de Trois se préparent pour la prochaine étape: une tournée aux quatre coins du Québec. Un arrêt est d'ailleurs prévu à Gatineau, en septembre.
Vlessard@ledroit.com











