Quand il a été approché par le Centre de la francophonie des Amériques pour participer à la 15e édition des SEDIFRALE (Sesiones para Docentes e Investigadores del Francés Lengua Extranjera), l'artiste qui a grandi à Lafontaine a d'abord cru « que c'était une joke ! C'était complètement inattendu. D'abord, j'avais jamais entendu parler qu'un artiste francophone d'ici était allé chanter là-bas ».
Plaque tournante
À moins d'être dans le domaine, il est vrai que ce n'est pas tout le monde qui connaît l'existence des Sesiones para Docentes e Investigadores del Francés Lengua Extranjera, la grand-messe des enseignants de français de l'Amérique latine, un continent qui compte plus de deux millions et demi de francophiles. Pendant cinq jours, dans cette ville du centre de l'Argentine, sur les rives de la rivière Paraná, près de 1000 enseignants vont s'interroger sur le thème « Du français des Lumières au français d'aujourd'hui », ce qui impose « des interrogations sur le rôle actuel du français, sur notre identité et nos actions comme professeurs de français langue étrangère et sur ce que peut devenir le français, tant dans la réalité argentine que latino-américaine », comme le souligne le comité organisateur dans son programme.
Que vient faire Damien Robitaille au milieu de didactique, de politiques linguistiques, de conférenciers et de tables rondes ? C'est qu'un volet culturel est associé à l'événement. Entre une soirée de tango et le concert du ténor argentin Juanjo Cura, l'auteur-compositeur-interprète né à Brandford - « C'est la même ville que celle de Wayne Gretzky ! » lance-t-il fièrement - va donc présenter sensiblement le même spectacle que celui qu'il a fait à Gatineau l'automne dernier, à savoir une prestation composée particulièrement des textes de son cédé Homme autonome et de quelques pièces de L'homme qui me ressemble.
Bien qu'il se soit mis à l'espagnol, Damien Robitaille fera les liens entre ses chansons en français, puisque le parterre du Théâtre municipal de Rosario sera composé principalement de francophiles et de francophones. Face à un nouveau public qui ignore tout de lui ou à peu près, il n'a pas vraiment d'attentes.
« Je ne vais pas changer ma façon de présenter le spectacle. Je vais garder ça dansant, amusant. Après tout, les Argentins, quand ils viennent chez nous, ne changent pas leur musique. »
Pour l'instant, Damien Robitaille est simplement heureux d'avoir été choisi par le Centre de la francophonie des Amériques, en collaboration avec le ministère des Relations internationales du Québec, pour participer à cette aventure totalement inattendue.
Créer des ponts
Mais pourquoi lui ? L'artiste franco-ontarien avait été remarqué « par les dirigeants du centre, répond Michel Robitaille, le pdg de l'organisme, lors de sa performance à Caraquet à l'occasion du lancement du cédé Des voix s'élèvent produit par le Centre ».
Cet album a été conçu afin de mieux faire connaître les interprètes francophones nord-américains.
« Son style et ses textes sont très appropriés pour un public latino-américain et les jeunes étudiants de français. De plus, le centre voulait honorer les Franco-Ontariens à l'occasion du centenaire de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario », poursuit l'ancien délégué général du Québec à New York.
Ce n'est pas la première fois, depuis la création officielle du centre en 2008, que l'organisme, subventionné principalement par le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), met en valeur les talents franco-ontariens.
Au mois de mars, à l'occasion du mois de la Francophonie, le centre avait parrainé trois spectacles aux États-Unis, dont un à New York dans le cadre de la tournée « La francophonie s'exprime » à laquelle a participé, entre autres, la Torontoise Amélie Lefebvre.
C'est le même Centre de la francophonie des Amériques qui, de concert avec l'Université du Québec en Outaouais et l'Université Laval, aide à mettre sur pied une université d'été axée sur la francophonie, qui se tiendra en juin à Québec et à Gatineau.
Et au mois d'août, plusieurs Franco-Ontariens participeront au Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques à Moncton et Shippagan.
Mais, comme tient à le préciser son directeur, le rôle du centre n'est pas la production de spectacles. Cependant, « la culture sous toutes ses formes est certainement l'un des moyens les plus appropriés pour la promotion de la francophonie des Amériques. »
Après la Pampa
Si Damien Robitaille répète que ce passage argentin - il sera aussi du spectacle final des SEDIFRALE, vendredi prochain, aux côtés du Rosario Smowing et du réputé groupe français Tryo - n'avait pas été planifié dans sa carrière, il est obligé d'admettre que 2010 s'annonce pour lui fort remplie comme 2009.
« Mais l'important, c'est que je m'amuse. En fait, il faudrait que j'apprenne à dire non si je ne veux pas faire un burnout ! »











Commenter cet article
Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.
Nous vous invitons à commenter les articles suivants:
Veuilez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.