Hier soir, l'auteur-compositeur-interprète a littéralement fait monter la foule à bord de son Transsibérien Express, qui a d'entrée de jeu quitté la gare à plein régime, pour rapidement atteindre son électrisante vitesse de croisière.
La migration du Nord vers Le Bonheur - offerte dans une relecture mixte incluant quelques mesures de sa chaloupante version dub du mini-album Au bout du monde - était dès lors lancée à fond de train. Elle a duré un peu plus de deux heures de prestation enlevante, hautement énergique et contagieuse, au cours de laquelle la voix du chanteur a bien, en quelques occasions, laissé entendre quelques faiblesses, largement compensées toutefois par sa fougue et sa générosité. Et par son large sourire, preuve de son évident et sincère plaisir à se retrouver sur les planches de l'intime, comble et comblée salle Jean-Despréz.
« Ils ont été des milliers à demander à être ici ce soir, mais c'est vous qu'on a choisis ! », a lancé Dumas aux spectateurs qui n'attendaient que cette occasion pour lui témoigner leur satisfaction de le revoir.
Dès les premières notes de Je ne sais pas, les quelque 250 personnes ont d'ailleurs entonné les paroles du refrain.
« Je pense qu'on les bien choisis ce soir ! », s'est alors exclamé un Dumas ravi de la réaction spontanée des gens.
Et quand le chanteur les a ensuite invités à danser, ceux-ci se sont levés d'un bloc. Plusieurs ne se sont d'ailleurs presque jamais rassis, devenant tantôt choriste sur J'erre, répondant à ses « Oh, oh, oh, oh, oh » sur la galvanisante Capitale du monde, tapant des mains lorsqu'il le leur demandait, usant de son index comme d'une baguette de chef d'orchestre, pendant Nébuleuse.
Guitare bien en mains, le chanteur s'est également promené dans les allées de la salle, grimpant sur le bout d'un siège pour égrainer quelques notes d'Un jour sur terre avant de retourner rejoindre ses complices musiciens sur scène, les solides et indéniablement talentueux Alexandre Dumas à la basse, Jocelyn Tellier à la guitare (qui portait, semble-t-il, son veston des grandes occasions pour le spectacle à guichet fermé d'hier soir !) et Marc-André Laroque à la batterie.
Des escales planantes
Entre les doses vitaminées de rock, le public a quand même eu droit à des escales planantes, le temps d'avoir une Vision pornographique, de voyager de Berlin vers Le Futur dans des atmosphères enveloppantes, ou de fouler tendrement le Linoléum. À ce chapitre, son bloc acoustique, au cours duquel il a enfilé seul à la guitare Quelque part, un bout de Sans histoire et la fort appréciée Alors, alors, a véritablement charmé la foule.
S'il a évidemment fait la belle part à ses nouvelles pièces, Dumas s'est aussi amusé à remonter le cours du temps. Au grand plaisir de ses fans, il a même été jusqu'à puiser une certaine Miss Ecstasy de son tout premier album et à revisiter Tu m'aimes ou tu mens (de la trame sonore du long-métrage Les Aimants, qu'il avait signée avec Carl Bastien).
Et c'est sur une envoûtante invitation à Passer à l'Ouest, livrée en guise d'ultime rappel et de remerciement à une foule tout aussi généreuse que l'artiste, que s'est conclue la soirée.












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