Nous sommes en Ukraine, au début du xxe siècle. Dans la petite communauté juive d'Anatevka, le sympathique laitier Tevye coule des jours heureux et paisibles avec sa femme, Golde (Linda Sorgini), ainsi que leurs filles Tzeitel (Natalie Byrns), Hodel (Émilie Josset) et Chava (Émily Bégin), malgré leurs moyens modestes. Mais tout cela est sur le point de changer, puisque les trois soeurs s'apprêtent à secouer le joug de la tradition si chère à leur père au moment même où le tsar Nicolas II commence à chasser les juifs de leurs villages.
Dans la chanson d'ouverture, Tevye annonce d'emblée ses couleurs : à Anatevka, c'est la tradition qui permet de garder l'équilibre. À tour de rôle, les pères, les mères, les jeunes hommes et les jeunes filles viennent même énoncer leur rôle dans cette petite société. Sans cet ordre des choses établi depuis des années, comme le dit si bien le laitier, leur vie serait aussi précaire qu'un violon sur le toit. Mais dès la première scène, les signes avant-coureurs de la crise se font sentir : les trois filles de Tevye, modernes avant l'heure, manifestent en effet une certaine réticence à laisser la vieille marieuse et leurs parents décider de leur destin amoureux.
Tzeitel en pince pour Motel le tailleur ? Qu'à cela ne tienne ! Sa mère souhaite qu'elle convole avec Lazar le boucher, un veuf bien nanti. Elle pousse donc son mari à discuter avec le prétendant. Après un quiproquo comique où Tevye croit que Lazar veut acheter l'une de ses vaches, le laitier finit par accepter l'union. Mais c'est sans compter la détermination et les supplications de Tzeitel et de Motel qui réussissent à arracher la permission de se marier au paternel bouleversé par la hardiesse de la jeunesse qui bouscule les manières de faire. Pendant ce temps, une idylle s'ébauche entre Hodel et Perckik, instituteur communiste venu de Kiev, qui apporte dans la modeste communauté les idées nouvelles. Quant à la plus jeune des soeurs, Chava, elle s'éprend du Russe Fyedka, qui partage son goût pour la lecture, malgré le fossé qui les sépare en ces temps de persécutions contre les enfants d'Israël. Bref, tout est en place pour un affrontement entre partisans de la nouveauté et tenants de la tradition où l'amour finira par triompher.
Lot de bons moments
Ponctué de dialogues comiques et de numéros de danse enlevants, Un violon sur le toit se révèle un divertissement léger et charmant en dépit des sujets plutôt graves qu'il aborde. Il offre d'ailleurs son lot de bons moments, comme en témoignent les échanges savoureux dans le vieux couple formé de Tevye et de Golde, ainsi que la formidable scène onirique où la femme décédée du boucher Lazar sort de la tombe pour venir prévenir les parents de Tzeitel qu'elle tuera leur fille s'ils persistent à vouloir l'unir à son homme. Et que dire de la scène de la noce où les danseurs exécutent une délicate chorégraphie avec une bouteille de vin sur la tête... Impressionnant !
Du côté des comédiens, Martin Larocque livre une performance fort honorable dans le rôle de Tevye qui lui va comme un gant. Pour sa part, Linda Sorgini est particulièrement efficace dans la peau de Golde, la matronne à la réplique cinglante. En filles rebelles, Natalie Byrns, Émilie Josset et Émily Bégin se tirent aussi très bien d'affaires.
Basée sur le livre Tevye The Dairyman, de l'écrivain ukrainien Sholem Aleichem, et montée pour la première fois en 1964, la comédie musicale A Fiddler On The Roof (Un violon sur le toit), a été jouée plus de 3000 fois sur Broadway, à New York, et a récolté neuf Tony Awards, en plus d'avoir été adaptée au grand écran en 1971. La première de cette version québécoise a eu lieu au Théâtre du Rideau Vert en mai 2009. Après la représentation de ce soir, à la Maison de la culture de Gatineau, la production fera escale au théâtre Le Capitole, à Québec, du 16 juin au 1er août, puis s'arrêtera au théâtre Saint-Denis 2, à Montréal, du 4 au 12 novembre.
POUR Y ALLER
OÙ ? Maison de la culture de Gatineau
QUAND ? Ce soir, 20 h
RENSEIGNEMENTS ? 819-243-2525/www.maisondelaculture.ca










