Un coucher de soleil, après une série d'impitoyables orages en journée a accompagné Smokey Robinson dans ses premiers pas au Festival international de jazz d'Ottawa.
Sur le coup de 20 h 15, hier soir, au parc de la Confédération, l'ancien vice-président de Motown et auteur-compositeur de centaines de tubes s'est amené sur scène, vêtu d'un complet blanc. Ses chansons, tout le monde les connaît, même si dans la plupart des cas, elles ont été interprétées par d'autres.
Le chanteur a été généreux et à la hauteur de son immense talent. Pendant près de deux heures, il a fait le tour d'une carrière qui s'échelonne depuis plus de 50 ans. Le chanteur a 70 ans et il ne l'est fait pas.
On a toujours apprécié Smokey Robinson pour la douceur et la délicatesse de sa voix. Une voix juste comme un métronome et avec des intonations s'apparentant à celle de Michael Jackson, découvert sans vie dans sa résidence de Los Angeles, il y a un an, aujourd'hui. Les fausses notes, le monsieur ne les connaît pas. En réalité, il n'en a jamais entendu parler.
Sans faille
Comme on s'y attendait, il a été sans faille. Sa prestation en a été une rodée aux quarts de tour.
Les musiciens et les choristes sont installés. Les premières notes sont celles de Going To A Go-Go, son premier « hit » avec les Miracles, en 1965. La chanson a 45 ans et elle a bien vieilli. Même chose pour la suivante, I Second That Emotion et You Really Got A Hold On Me, tellement bien chantée par les Beatles.
La prestation est bel et bien installée. Une grande époque s'est déballée devant nous. Les souvenirs des bons vieux 45 tours ont refait surface et des chansons qui ne pouvaient pas franchir le cap des trois minutes. Sinon, elles ne tournaient pas sur les ondes hertziennes.
D'autres agréables nous sont revenus à l'esprit en écoutant Oooh Baby Baby, souvenirs qu'on ne peut pas dévoiler. Il a tellement de chansons qu'il a dû en regrouper dans un « medley ». Et par n'importe lequel. Un « medley » avec pour intro, My Girl et un « medley » témoignant du 50e anniversaire de Motown. Le public, déjà conquis, était on ne peut plus ravi. En fait, il l'a été toute la soirée. Difficile de résister à pareille prestation. À pareille voix. À pareille exécution musicale.
Le voici tout de rouge vêtu pour Time Flies, Love Bath, Just To See Her Again et certes un de ses textes les plus touchants, Tracks of My Tears, entendue dans Platoon, d'Oliver Stone et rendue avec l'apport du public.
Les responsables du festival ont eu du flair en conviant Trombone Shorty et Orleans Avenue en prélude à Smokey Robinson.
Le chanteur, tromboniste et trompettiste a baptisé sa musique « Supafunkrick ». Un métissage de soul, funk, rhythm n' blues et rock. De rock, au point d'entendre une Gibson Les Paul, plutôt rarissime sur la scène du FIJO.
On l'a tout de suite deviné, Shorty est de la Nouvelle-Orléans. Chaude est sa musique. Très chaude. Et meublée d'intéressants solos dont un du bassiste Mike Ballard, étendu sur le dos.
Lui aussi a sa chanson à propos de Katrina, Hurricane Season, écrite au moment où il était en tournée avec Lenny Kravitz. Il s'est aussi immiscé dans le répertoire des autres ramenant « Shout », se payant de sérieux pas de danse à la James Brown et imitant la voix de Louis Armstrong dans « When the Saints ».
Très chaude, on disait et grandement appréciée.










