Les deux ?
Le Charlebois zen et le Charlebois des grands soirs, celui qui déplace passablement d'air.
Avec tambour, sans trompette est un spectacle unique de Robert Charlebois, L'an passé, il s'était pointé dans la même salle avec une vingtaine de musiciens, dont une impressionnante section de cuivres.
Il y a quelques heures, ils étaient quatre, entourés d'une vingtaine de guitares et de percussions. Au point de donner à la salle les allures d'une salle de montre d'un magasin d'instruments de musique.
Charlebois zen
Un spectacle unique. Robert Charlebois est seul au piano pour la chanson d'ouverture, Lindbergh. Le public l'a écouté religieusement et il s'est même permis d'y participer. Il est demeuré au piano et ses trois musiciens l'ont rejoint pour une version prenante de Je reviendrai à Montréal. Une version rehaussée par l'ajout d'un xylophone.
Il a maintenu la même cadence avec C'est pour ça et la très lointaine Complainte des presqu'Américaine, une chanson écrite en 1966 et qui parle du réchauffement de la planète. Charlebois avait 16 ans à l'époque et il l'a gardée dans un tiroir au cours des 40 dernières années.
Toujours le même tempo pour Terra Love, Fais-toi z'en pas, Vivre en ce pays de son bon ami Pierre Calvé et 10 ans, de Réjean Ducharme. Il l'a interprétée comme les deux l'ont faites, il y a une trentaine d'années, Charlebois au piano et Ducharme à sa plume.
Il maintient le rythme. Il voulait un spectacle ludique, il en a servi un. On ne l'a jamais vu, jamais entendu dans une formule si intime, une formule sans fla-fla, où la chanson prime.
Mais Robert Charlebois sera toujours Robert Charlebois. Il a augmenté le rythme avec un medley de ses « pires chansons ». Vous savez, son époque golf avec Le coup de soleil, Le temps et Toi Tarzan moi Jane, de Jeannette Bertrand. Il a servi une mise en garde aux spectateurs en leur recommandant d'emprunter le disque et non de l'acheter.
Retour aux choses sérieuses. Il poursuit l'opération dépoussiérage en chantant Québec Love, avec trois ukelélés et Egg Generation, de Marcel Sabourin. Celle-là , on ne l'a pas entendu en spectacle depuis des lustres.
Voilà pour le Charlebois zen.
Charlebois des grands soirs
L'autre, le Charlebois, encore capable de déplacer passablement d'air. Il s'est manifesté avec Si j'avais les ailes d'un ange, offerte dans sa version originale et rehaussée d'un solo de guitare à la Brian Setzer. Solo signé Charlebois. Il a poursuivi avec Dolores énergique au possible, le banjo aidant. Là , c'est parti. Voici la bluesée Mon pays, une autre chanson de Réjean Ducharme. Son pays à lui, ce n'est pas l'hiver, c'est un job. Toujours d'actualité ce texte de Ducharme, même trente ans plus tard.
Il a enchaîné avec Entr' deux joints, rendu avec deux guitares sèches dont un brillant solo de slide avant de passer à Fu Man Chu et d'enchaîner avec la très attendue Tout écartillé. Un bloc de chansons hautement appréciées et saluées de plusieurs salves.
On avait le goût de poser la question au public, lequel des deux Charlebois a-t-il préféré, mais on a manqué de temps.
Notre réponse : les deux. Le zen nous a rappelé à quel point son répertoire cachait de belles chansons et l'autre parce qu'il lui sera impossible de s'installer sur scène sans interpréter ses classiques, peu importe la version.













