Un album dont les six copains, amoureux de reels et autres chansons issus du patrimoine québécois, sont particulièrement fiers. « On est vraiment content de la qualité sonore de Tricoté serré et de la plus grande variété d'interprétations. On a vraiment travaillé sur ces aspects-là, cette fois », fait valoir Benoit Massie.
Les deux frères (Mathieu Renaud et Michaël Paquette-Renaud), trois cousins (Stéphane Malette, Christian Lavergne et Benoit Massie) et l'ami d'enfance (Marc-Antoine Otis) aiment indéniablement jouer ensemble. Qu'ils marient leur voix, se donnent la réplique de leurs instruments ou tapent allégrement du pied pour s'accompagner, ils prennent un évidement plaisir à faire entendre leur musique traditionnelle. « On avait surtout envie de remettre au goût du jour une musique qui nous appartient, qui fait partie de notre patrimoine », souligne Benoit Massie.
« La musique traditionnelle a vraiment évolué depuis nos débuts sur scène, renchérit Mathieu Renaud. C'est grâce à notre génération, les 25-35 ans, entre autres, et à l'éclosion de groupes comme Mes Aïeux, aussi. On a décidé de se réapproprier cette musique-là et de la partager. Il faut aussi dire que les musiciens qui font comme nous sont tous excellents, ce qui rend la démarche de tout le monde encore plus crédible. »
Puisant dans les archives familiales et d'ailleurs, ou créant leurs propres airs, les six artistes - qui ont entre 27 et 31 ans - se laissent également aller à écrire quelques paroles ou composer des mélodies de leur cru pour rendre compte de leur parcours et leur réalité. Ainsi, Benoit Massie exprime la réalité de vouloir rester dans la Petite-Nation, tout en ayant à se farcir cinq heures de route pour aller travailler à Ottawa, avec une pièce comme Autour de la table. « C'est un choix qu'on assume pleinement, d'habiter à la campagne », explique ce dernier.
Car s'ils carburent tous à la passion pour la musique, les membres de La Tuque bleue ont tous un métier en parallèle : Benoit est entrepreneur en plomberie et soudure, Mathieu, serveur ; Stéphane, électricien ; Michaël, informaticien ; et Christian et Marc-André sont enseignants. « C'est sûr qu'il n'y a personne dans le groupe qui gagne sa vie uniquement à faire de la musique, soutient Benoit Massie, mais c'est un hobby qui nous a permis de trouver un point d'équilibre, nous donne l'occasion de nous retrouver tous les six, et qui devient parfois une soupape ! »
Le sextuor ne reste d'ailleurs pas assis à attendre qu'on l'appelle pour donner des spectacles. Les comparses sont plutôt du genre à prendre les choses en main. Ils n'hésitent donc pas à contacter eux-mêmes certains organisateurs de festivals, à envoyer pochettes de presse et albums pour se faire valoir, histoire de pouvoir se faire entendre aux quatre coins du Québec, tout comme en Europe. « Si tu passes ton temps à espérer qu'on pense à toi, tu n'avances pas ! » clame Mathieu Renaud.
Ferveur australienne
Ils sont parfois invités dans des événements auxquels ils n'auraient jamais pensé prendre part. Ç'a été le cas, l'an dernier, lorsqu'ils ont reçu un appel de Californie, qui les a menés au prestigieux Festival de jazz de Monterey. « C'était particulier, parce qu'on chantait en français dans un festival anglophone, et qu'on faisait en plus du traditionnel dans le cadre d'un rassemblement de jazz. En bout de ligne, on est ressorti du lot, parce qu'on a été élu coup de coeur du festival ! » raconte fièrement Benoit Massie.
L'Europe aussi les a accueillis à bras ouverts. « C'est vrai que la musique traditionnelle a un écho particulier, là-bas, encore plus qu'ici, des fois. Ça tient peut-être au fait que les gens reconnaissent le répertoire, y retrouvent leur patrimoine aujourd'hui chanté par leurs petits cousins du Québec », explique Mathieu Renaud.
Les offres se multiplient aussi dans l'Ouest. En attendant de voir quelle direction ils prendront en 2010, ils seront dans le studio 40 de Radio-Canada, à Ottawa, le 19 novembre prochain, pour un spectacle qui sera capté par la Société d'État et diffusé plus tard, pendant la période des Fêtes. L'entrée est libre, mais les personnes intéressées à assister à cette performance doivent réserver leur place.
POUR Y ALLER
OÙ ? Studio 40 de Radio-Canada
QUAND ? Le 19 novembre, 20 h
RENSEIGNEMENTS ? 613-288-6710












