L'économie d'abord, disait-il

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L\'économie d\'abord, disait-il

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Le Soleil

Gilbert Lavoie
Le Soleil

Jean Charest voulait faire de l'économie le thème principal de cette campagne électorale. Hé bien, il sera servi. Parce qu'au rythme où se multiplient les controverses sur la situation économique du Québec et de ses agences comme la Caisse de dépôt et placements, le premier ministre sera dans l'eau chaude ce soir au débat des chefs.

À peu près tout le monde s'entend pour dire que les prévisions de croissance présentées par Monique Jérôme-Forget, la veille du déclenchement des élections, sont dépassées par les événements. Il suffit de voir les prévisions pessimistes en provenance d'Ottawa et ailleurs dans le monde, pour comprendre que nous n'échapperons pas à la récession. Le gouvernement du Québec devra revoir à la baisse ses prévisions de revenus pour 2009 et du même coup, ses dépenses budgétaires.

 

Dans un tel contexte, le cadre financier des engagements électoraux du Parti libéral ressemble à un château de cartes que Jean Charest a de plus en plus de difficultés à maintenir en place, tellement les pièces menacent de s'écrouler. Les deux dernières semaines de cette campagne électorales seront longues, très longues pour le premier ministre.

La semaine dernière, c'est la Caisse de dépôt et placements du Québec qui menaçait l'équilibre du château. La lenteur des dirigeants de l'institution à venir s'expliquer a contribué à maintenir l'impression que le bas de laine des Québécois est en péril. Et le malaise évident du président du conseil de l'institution Pierre Brunet, vendredi dernier, a montré qu'il répondait à une commande politique de Monique Jérôme-Forget lorsqu'il est revenu d'urgence de Floride au Québec pour nous rassurer.

Un doute

Hier matin, c'était au tour du ministère des Finances de se retrouver dans l'embarras. En révélant qu'une partie importante des investissements privés annoncés par Monique Jérôme-Forget, le 4 novembre, n'étaient pas au rendez-vous, le Journal de Montréal a semé un doute sur le sérieux de la mise à jour de la situation financière du Québec, déposée à la même occasion. Le sous-ministre des Finances, Jean Houde, s'est porté à la défense de son équipe avec un succès mitigé.

«Ces projets-là existent, est-ce qu'ils seront réalisés, c'est une autre question» a-t-il reconnu hier midi sur les ondes de LCN.

Pourtant, sa ministre était catégorique, le 4 novembre : «Contrairement à ce qui se passe en Ontario, regardez la liste des projets qui sont encore en marche au Québec. [...] Aussi étonnamment que ça puisse être, tous ces investissements sont encore... pas sur la planche à dessin, mais sont en opération».

Planche de salut

Si Mario Dumont avait besoin d'une planche de salut pour attaquer Jean Charest au débat de ce soir, il n'aura pas besoin de fouiller très loin. Pauline Marois sera également sur l'offensive mais son propre cadre financier est tellement fragile, qu'elle devra surveiller ses arrières.

Un seul exemple : le Parti québécois prévoit une dépense fiscale de 400 millions $ en soutien à la consommation par l'entremise de la taxe de vente. On prévoit que cette somme sera remboursée par le paiement de la réclamation du Québec à Ottawa pour la crise du verglas. Excusez-moi, mais ça, c'est de l'argent de Monopoly !

Le débat commence à 20 h. Apportez votre calculatrice...

glavoie@ledroit.com

 

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