Les deux mains sur le volant

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Les deux mains sur le volant

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Le Soleil

Gilbert Lavoie
Le Soleil

Terrible constat pour Pauline Marois et Mario Dumont : leurs accusations contre Jean Charest d'avoir déclenché des élections sans raisons valables n'ont pas porté. C'est peut-être la conclusion la plus surprenante qui se dégage du sondage CROP de ce matin.

La cote de popularité du PLQ et de son chef avait connu une légère diminution avant le déclenchement du 5 novembre. Elle a grimpé le jour suivant et est demeurée stable à 45 % dans les deux derniers sondages. Pendant ce temps, Pauline Marois et Mario Dumont ont fait du surplace.

 

Le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement a perdu 10 points depuis le déclenchement, mais il y a autant de satisfaits que d'insatisfaits. Par contre, l'écart s'est creusé en faveur de M. Charest lorsqu'on a demandé aux gens qui ferait le meilleur premier ministre.

Avance confortable

Cela fait déjà un an que les libéraux ont devancé les deux autres partis dans les sondages. Tout ce que l'arrivée de Pauline Marois à la tête du PQ a changé, c'est de ramener au bercail les péquistes déçus d'André Boisclair qui s'étaient réfugiés à l'ADQ.

Il y a déjà plusieurs mois que le Parti québécois a repris la deuxième place dans les intentions de vote, ce qui l'assure de l'opposition officielle. À moins d'une erreur des sondeurs, la seule question qui demeure est le nombre de députés qui restera à Mme Marois et à Mario Dumont.

Le cas de l'ADQ est particulièrement intéressant dans la région de Québec. Les candidats de Mario Dumont obtiennent 29 % des voix, ce qui les place devant le PQ (23 %) et huit points derrière les libéraux (37 %). C'est le genre de résultats qui permet à M. Dumont d'espérer sauver une partie de sa députation, tout comme Stephen Harper a sauvé tous ses députés à Québec, sauf un.

À 15 % dans les intentions de vote à l'échelle de la province, M. Dumont a désespérément besoin de l'appui de la Capitale nationale s'il veut maintenir une présence à l'Assemblée nationale. C'est donc à Québec que se jouera l'avenir de l'ADQ. C'est à Québec également que se jouera l'avenir de son chef, parce qu'on voit mal le député de Rivière du Loup rester en politique s'il se retrouve à la tête d'un groupuscule après le 8 décembre.

Obstacle

Pauline Marois a laissé entendre à plusieurs reprises que le fait d'être une femme était un obstacle en politique. On aurait pu s'attendre à un mouvement de sympathie féminin à son endroit, mais on ne voit rien de tel dans les intentions de vote. En réalité, c'est l'inverse : l'appui au PQ est légèrement inférieur chez les femmes que chez les hommes. Même constat chez les jeunes : les 18-34 ans ne sont pas plus nombreux à appuyer le PQ que les 35-54 ans, et dans les deux cas, le Parti libéral jouit d'une bonne avance.

Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi Jean Charest n'a pas dévié de son message depuis le début de la campagne, pendant que ses adversaires tiraient dans plusieurs directions.

Fort de sondages internes montrant que «le ciment était pris», M. Charest a maintenu le cap, les «deux mains sur le volant».

glavoie@ledroit.com

 

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