LeDroit s'est entretenu avec certaines des jeunes créatrices pour connaître les sources d'inspiration de leurs griffes et leurs aspirations. Nous exposons, aujourd'hui, dans nos pages et sur notre site Internet, les fruits du labeur des élèves !
« Ce n'était pas évident de réaliser mon tout premier morceau de l'année, confie Mélanie Lavergne, 16 ans, étant donné que, comme la plupart des filles dans ma classe, je n'avais jamais cousu. Donc, au début, j'ai ressenti certaines frustrations. Mon patron était trop grand, alors j'ai dû faire des ajustements ».
Comme ses quelque 16 consoeurs de classe âgées entre 16 et 18 ans, la jeune fille avait à présenter cinq créations représentant des costumes d'époque, d'Halloween, un morceau incarnant la prochaine saison printemps-été, puis un illustrant l'un des quatre éléments, ainsi qu'un vêtement plus personnel les représentant.
« J'ai d'abord confectionné une robe noire des années 50, style sack-dress (panier), tombant aux épaules avec une ouverture dans le dos, puis ensuite, une tenue confectionnée à partir d'un maillot de bain sans bretelle couvert d'un matériel rose tombant aux cuisses. J'ai aussi fait une robe représentant le feu à l'aide de chiffons rouges, jaunes et oranges, ainsi qu'une robe de fée et une tenue me représentant avec beaucoup de jaune, une couleur que j'adore. »
Si la jeune designer de mode n'a commencé que depuis la fin août à manier le chas d'une aiguille, elle dessine en revanche ses collections depuis plusieurs années.
« Je suis fascinée par la mode depuis longtemps, dit-elle, je regarde les émissions de mode quasiment à tous les jours et j'adore ça. Je dessine, dans un petit cahier, mes collections. »
C'est aussi le cas de sa collègue Mélanie Tremblay, 16 ans, qui présentait aussi sa toute première collection de cinq pièces à ce défilé auquel plus d'une centaine de personnes ont assisté.
« Nous étions vraiment sous les projecteurs ! » s'exclame la jeune fille en parlant du défilé. « Il y avait beaucoup de monde et c'était vraiment impressionnant de voir comment un corridor d'école peut se transformer en passerelle. »
La jeune Tremblay a réalisé une jupe crayon noire serrée, tombant aux genoux, puis une tenue transparente mauve et bleue symbolisant l'eau, ainsi qu'un petit manteau rose avec un capuchon pour chien de petite taille, de même qu'un costume de danseuse inspiré du film Flashdance, et finalement une robe rouge avec un imprimé léopard.
Le grand manitou de l'événement est Enrico Sartor-Séguin : c'est lui qui a mis sur pied le nouveau programme Mode et Design du Conseil des écoles catholiques de langue française du Centre-Est (CECLFCE), désormais offert dans les locaux de La Cité collégiale depuis l'automne 2008.
L'enseignant d'Ottawa évolue dans le milieu de la mode depuis six ans. Il est diplômé de l'Université Ryerson de Toronto et a ensuite été apprenti chez le designer torontois Farley Chatto.
Couture destination monde
Cet automne, M. Sartor-Séguin a d'ailleurs trimballé ses élèves à Toronto, où elles ont pu assister à trois défilés à l'occasion de la Semaine de la mode. Les filles ont aussi pu entrer dans l'atelier de M. Chatto.
L'enseignant a ensuite organisé un voyage à Montréal où les designers en herbe ont pu visiter l'exposition du célèbre couturier français Yves Saint-Laurent au Musée des beaux-arts. Enfin, elles sont aussi allées à New York, où elles ont pu s'adonner à une intense séance de lèche-vitrines et contempler les maisons de haute couture comme celles de Louis Vuitton, Gucci et compagnie. Les élèves ont aussi assisté à une représentation de la comédie musicale du Roi Lion sur Broadway, dont les costumes sont à couper le souffle.
« La majorité de la classe n'avait jamais quitté Ottawa avant, précise l'enseignant. Pour moi, c'est important de sortir, car on ne peut apprendre la mode en classe seulement. Je souhaite que mes élèves retiennent qu'on peut avoir du plaisir, même si ce n'est pas un milieu facile. Il faut vraiment avoir la passion et aussi plusieurs contacts. »











