Mais charité bien ordonnée commence par soi-même : Jim Flaherty a donc prévu des cadeaux importants pour sa province. Le plus visible est probablement la mise sur pied d'une nouvelle agence de développement économique pour le sud de l'Ontario au coût de 1 milliard $ sur cinq ans. Je comprends que le sud de l'Ontario soit durement touché par les déboires de l'industrie de l'auto, mais c'est quand même l'une des régions les plus riches du pays.
Ce qui frappe, à la lecture de ce budget, c'est le manque de précision des intentions fédérales au Québec, notamment au chapitre des infrastructures.
On apprend entre autres qu'on va améliorer le transport ferroviaire entre Montréal-Ottawa et Toronto, mais on passe totalement sous silence le projet cher au maire de Québec et à Jean Charest qui incluait la portion Québec-Montréal. C'est donc principalement sur le territoire ontarien que seront investis ces budgets.
Baisses d'impôt et déficit
Il y a tout de même des bonnes choses dans ce budget. Stephen Harper a fini par comprendre que les politiques interventionnistes sont nécessaires quand le pays tombe en récession. Mais tant qu'à injecter des sommes aussi importantes dans l'économie, il aurait pu se concentrer sur l'essentiel. L'aide à la rénovation domiciliaire incitera de nombreux propriétaires à devancer leurs travaux. C'est bon. Mais à quoi sert, par exemple, de baisser les impôts des Canadiens qui ne sont pas menacés par le chômage en 2009 ? Ils bénéficient déjà de taux d'intérêt moins élevés, de la baisse du prix de l'essence, des rabais offerts par les commerçants à la recherche de clients. C'est vers les victimes de la crise et vers nos jeunes qui préparent l'avenir qu'il faut cibler notre aide. Augmenter la dette pour réduire les impôts, c'est injuste pour nos enfants qui devront payer l'hypothèque.
Heureusement que le pays jouit d'une situation budgétaire enviable. Ça peut sembler énorme de revenir aux déficits de 30 milliards $ du début des années 90, mais la situation n'est pas la même. Pendant la pire année budgétaire des conservateurs, en 1992-93, le déficit de 39 milliards $ représentait 5,6 % du Produit intérieur brut de 706 milliards $. Cette année, le déficit de 30 milliards $ ne représentera que 2 % du PIB, évalué à 1,6 trillion $. Ce déficit n'a donc pas la même ampleur que celui de 1992, parce que la richesse collective est deux fois plus grande qu'il y a 15 ans. À la condition, cependant, qu'on puisse en sortir rapidement !











