Il aura également pris connaissance, hier soir, des résultats de notre sondage Segma faisant le point sur la politique municipale à Gatineau. C'est ce qui l'aura incité à se recouvrir d'une autre bonne couche de téflon avant d'aller rencontrer ses collègues de la politique municipale, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, ainsi que le premier ministre Jean Charest.
Le maire Bureau n'est toujours pas officiellement dans la course à la mairie de Gatineau, mais c'est tout comme. On ne compte plus les événements où il multiplie les apparitions pour être vu et pour être perçu comme un maire près de ses citoyens. Et il le fait fort bien, au point qu'il n'est pas facile à suivre et que ses adversaires déclarés doivent le trouver pas mal essoufflant. Mais des soupers «brochette de poulet sur son lit de riz», c'est une chose; soumettre un leadership hésitant au jugement de la population, c'est est une autre.
Ce qui ne cessera de m'étonner, c'est sa faculté d'abstraction mentale qui relève du grand art, sa capacité de recevoir une bonne gifle sans broncher et de se retourner immédiatement comme si de rien n'était. Franchement, je n'en reviens pas.
Tout naturellement...
On en a eu un bel exemple, cette semaine, lorsqu'il a essuyé une sévère rebuffade du ministère des Affaires municipales dans le dossier de Guertin, et en des termes non équivoques. Il fallait l'entendre affirmer tout naturellement, sans la moindre hésitation, que Gatineau va «aller en appel d'offres et espérer recevoir des projets en bonne et due forme dans les prochains mois.» Il a même ajouté que Guertin était le premier projet où Gatineau ne peut aller de l'avant. Même à genoux, il se croit debout.
Notre bon maire a sans doute oublié des dossiers bien mal gérés et mal fichus comme ceux de la vérificatrice générale, le charcutage éhonté de Chez Henri, le Palais des congrès, le climat dysfonctionnel du conseil, les négociations qui traînent avec les pompiers, les policiers, les cols bleus et les cols blancs et, maintenant, ce dossier mal foutu, mal ficelé et mal vendu de Guertin. Il évoque le succès du complexe sportif, mais c'est un dossier qui remonte bien avant son élection, tout comme celui du Rapibus, dont les coûts et les défis techniques grimpent à chaque fois qu'on y pense.
Notre sondage Segma arrive donc à point nommé. La cote de satisfaction à l'endroit du maire accuse une baisse significative au cours de la dernière année. Surtout, n'oublions pas que le sondage a été fait AVANT la décision de la ministre Normandeau sur le projet Guertin. Mon pif me dit que cela n'a pu que baisser! À moins que tout lui soit glissé sur le dos comme l'eau sur le dos d'un canard.
Quant à ses chances de réélection face à Aurèle Desjardins et à Tony Cannavino, elles demeurent étonnamment bonnes, ne serait-ce qu'en fonction de la prime au maire sortant et du défi de ses deux adversaires déclarés à bien occuper l'espace médiatique. Aurèle Desjardins jouit d'une bonne notoriété, comme le démontre le sondage, puisqu'il ne manque aucune occasion de manifester sa dissidence sur les mêmes scènes que le maire Bureau. Quant à Tony Cannavino, sa candidature devra soulever plus d'enthousiasme et de mouvement de masse s'il veut faire des incursions majeures dans les appuis de ses adversaires. Pour l'instant, ça ne lève pas assez vite.
Toujours présent
Et il reste le sempiternel Robert «Bob» Labine. Notre sondage démontre qu'il demeure toujours présent sur la scène politique, même après avoir déclaré qu'il ne serait pas de la course. Des personnages influents de l'Outaouais aimeraient bien qu'il revienne sur sa décision et font tout en leur possible pour l'en convaincre... et convaincre son épouse... et ses partenaires de golf. Le sondage démontre cependant que ses chances de renverser Marc Bureau demeurent excellentes.
Notre sondage démontre que, dans une course à quatre, Bob Labine viendrait gruger dans les appuis des trois autres, réduisant Desjardins et Cannavino à la portion congrue. Bob Labine demeure donc un facteur et ce, malgré la «louvoyance» de ses intentions.
La question qu'il faudra toujours se poser est celle de l'image de Gatineau que projetterait l'un ou l'autre de ces quatre candidats et du style de leadership qu'ils apporteraient à l'administration de Gatineau. Les dossiers comme ceux de l'aréna Robert-Guertin et de la vérificatrice générale ont mis en lumière de sérieuses lacunes à l'administration de la Ville. Ce sont les révélateurs non seulement d'un malaise, mais aussi d'un manque de direction claire. Et comme le veut le vieux dicton: le poisson pourrit toujours par la tête.
Guertin ! Où ?
Parlant de l'aréna Robert-Guertin, on évoquait hier dans LeDroit la possibilité que le « nouvel « amphithéâtre soit construit près du Rapibus. Allez sur le site de Google Maps et observez la zone en vue par satellite. Pas de place. Faudra donc le construire ailleurs. Où ? Secteur Hull ? Secteur Gatineau ?
Et un fan des Olympiques pourrait-il m'expliquer s'il a l'intention de laisser sa voiture à la maison et prendre l'autobus pour aller les voir jouer dans un nouvel aréna parce qu'il jouxte le Rapibus ?










