Si c'est ça la démocratie municipale, on n'est pas sorti de l'auberge. Les dernières réunions du conseil ont été des exercices de frustration, de tournage en rond, de non-réponses à des non-questions. On comprendra que les citoyens s'impatientent devant le flou artistique des réponses des élus à leurs questions, quand réponse il y a. Moi je comprends tout autant les conseillers qui doivent garder leur calme devant des remarques pas du tout subtiles et des questions en forme de jugement de valeur ou d'attaques personnelles.
Je me demande parfois si Patrice Martin a la poigne nécessaire pour garder l'ordre dans la cabane. Il est articulé, remarquablement attentif, brillant, préparé et patient, trop patient. De tous les conseillers, c'est sans doute celui qui rassemble les qualités personnelles et professionnelles pour le poste. Mais il est à ce point respectueux de chacun qu'il a peur de déplaire ou de couper la parole. Comme président, son rôle n'est pas uniquement de diriger le trafic, c'est aussi de s'assurer qu'on avance et de donner aux débats un certain sens de direction. Il a le pouvoir de faire comprendre aux citoyens et aux élus que l'abondance du verbe et la répétition des mêmes rengaines n'est pas une preuve de profondeur du propos.
La réunion du conseil de mardi dernier s'est tenue à la salle Odyssée de la Maison de la culture, le pire endroit pour un tel exercice. Comme on est dans une salle de concerts, on est bien obligé de comparer et d'avouer que la démocratie municipale y donne un bien mauvais spectacle. Des citoyens ont poussé l'audace jusqu'à remettre une plaque d'appréciation au conseiller Côté. Même ce dernier avait l'air gêné.
Projet Gatineau
J'ai beaucoup d'intérêt pour Projet Gatineau qui a fait son entrée sur la scène municipale, il y a un an déjà. J'ai juste hâte qu'il atterrisse.
On y débat d'idées ou de concepts intéressants et on y propose une vision d'ensemble de la ville. La rencontre du 19septembre visait principalement à identifier certains thèmes qui guideront les interventions du groupe dans le cadre de la campagne électorale. Les Français ont leur gauche caviar. Gatineau a sa «gauche poutine au fromage Migneron». Si on pense faire un parti politique municipal, nul doute qu'il portera une forte empreinte citoyenne, sociale, démocrate, participative, consultative, culturelle, cycliste, bio-agro-alimentaire, anti-étalement urbain, anti-auto, anti-CCN, anti-tour à bureaux, anti-grandes surfaces, pro-logements sociaux, pro-mixité sociale et, bien sûr, pro-développement durable. Les rues, les trottoirs, la police, les pompiers, les égouts, l'eau potable, le déneigement, le financement et le développement économique demeurent du domaine des abstractions. À croire qu'un citoyen, c'est un pur esprit.
Restriction mentale
Le maire Bureau a fait preuve d'un remarquable esprit de restriction mentale et de jovialisme sélectif en parlant du Centre Robert-Guertin dans son allocution sur la situation financière de la Ville. Pas un mot de la saga, du débat et de la rebuffade de la ministre Normandeau. Il a utilisé cette phrase laconique, comme si de rien n'était: «En juin dernier, le conseil municipal a donné le mandat de préparer des documents d'appels d'offre pour deux scénarios: 1) Construire un nouvel amphithéâtre de 5000 places; ou 2) rénover et agrandir à 5000 places le centre Robert-Guertin.» Il me semble que ç'a été un peu plus compliqué que cela! Pas un mot non plus des négociations collectives. Campagne électorale, disais-je?
Pancarte 101
Les pancartes font partie du décor de toute campagne électorale. Certaines sont inutiles. Plusieurs sont illisibles. D'autres trop chargées. On les associe à de la pollution visuelle. Je crois qu'elles font partie du plan de communication de chaque candidat et elles sont au service de ses messages. Chacun à sa manière, chacun à son goût. Cependant, il y a des règles à ne pas transgresser, comme la taille des caractères, l'économie des mots et le contraste des caractères. Un message noir sur blanc, ça se lit. Blanc sur jaune ou bleu sur vert, c'est malheureusement illisible. Toujours se rappeler que les affiches sont vues par des automobilistes en déplacement ou à bonne distance.
Cette campagne ne fait pas exception. J'avoue être incapable de lire les pancartes de Tony Cannavino. Je suis partagé sur le côté «ombre et lumière» de la photo de Marc Bureau, même s'il a posé plus de pancartes qu'il n'a planté d'arbres (j'en ai compté septdoubléesà l'intersection de l'avenue Gatineau et de la rue Saint-Louis). À mon avis, on va le déclarer au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Certaines pancartes d'Aurèle Desjardins plient au vent parce qu'on ne les a pas doublées, mais il réussit à faire passer divers messages selon les intersections où elles sont posées.
Comme on élit un candidat et non sa famille, il est inutile de nous la montrer sur les pancartes comme l'a fait Luc Angers. Enfin, Chapeau à Claude Millette et à Denis Tassé pour des pancartes qui marient bien taille, lisibilité et clarté.










