Gatineau: c'est bien parti

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Pierre Bergeron
Le Droit

Plate la campagne municipale? Pas du tout en ce qui me concerne. Comme les mises en candidature se terminent ce soir et, à défaut de surprise, on a déjà une bonne idée des luttes à la mairie comme dans les districts. On va passer un mois intéressant, très intéressant.

La course à la mairie n'est jamais ordinaire dans une ville de 250000 personnes, à moins qu'un candidat ne fasse l'unanimité par sa personnalité, par ses idées, par sa vision, par son expérience, par ses compétences, par son universalité et par son leadership. Vous aurez compris qu'aucun des cinq candidats à la mairie ne remplit la commande. Il n'y a ni un Gilles Vaillancourt, à Laval, ni un Régis Labeaume, à Québec, ni un Jean Tremblay, à Saguenay. On ne naît pas avec tous les attributs d'un bon maire. Cela se développe, s'apprend et se délègue.

 

Il ne faut pas trop s'en faire que les candidats pointent les lacunes du maire sortant Marc Bureau. Cela fait partie de la game. Tout comme il est normal que Tony Cannavino parle de l'administration Bureau-Desjardins. C'est gros, c'est de l'ultra simplification et c'est faux! Mais cela permet à Cannavino de faire d'une pierre deux coups... tant que ça dure.

Marc Bureau, c'est comme un avion furtif. Tu le penses absent et, soudainement, il est partout. Réglons une chose une fois pour toutes. Il n'a aucune excuse d'avoir été absent du forum «Changeons l'avenir», la semaine dernière, à Ottawa. J'ai moi-même reçu une invitation très détaillée le 11septembre... du Service des communications de la Ville de Gatineau. Et j'ai écrit sur le sujet en éditorial dans Le Droit du 14septembre.

Pas invité, Marc Bureau? C'est de la bouillie pour les chats. Pas intéressé! Là on brûle. Son plan pour le «centre-ville», Destination Gatineau, sans être original, ne manque pas d'envergure, mais ses principales articulations sont davantage de l'ordre du rêve que de la vision.

Aurèle Desjardins a encore pas mal de boulot s'il veut s'imposer comme l'alternative à celui qu'il veut déloger de la Maison du citoyen. S'il peut faire le plein dans l'ex-ville de Gatineau, il doit travailler l'ouest (Hull, Aylmer), puisque les atavismes d'avant la fusion sont encore bien vivants, trop vivants.

La réclamation de 45000$ de Tony Cannavino à l'endroit d'Aurèle Desjardins sur le poste de maire adjoint ne fait pas très sérieux et un brin opportuniste, mais elle fait la manchette. N'est-ce pas le but de l'exercice? La responsabilité de donner des fonctions ou des responsabilités au maire adjoint relève du maire.

Trois principaux candidats à la mairie, un de trop à mon avis, huit districts d'intérêt.

Pour leur part, Richard Gravel et Roger Fleury représentent des candidatures marginales davantage de l'ordre de la distraction que du possible. Gravel est articulé et ne manque pas d'idées, mais sa candidature ne sort pas du centre-ville de l'ex-ville de Hull, ce qui risque de nuire à Marc Bureau. Fleury, pour sa part est une grande gueule, dont le dépliant est une insulte à la langue française, indigne d'un candidat qui se targue de diriger une ville moderne et francophone. Les vertus du silence et de la mesure lui sont encore inconnues. Il ne nuit à personne sauf à lui-même. J'en ai assez parlé.

Les districts

À mon grand désarroi, deux candidats seraient élus sans opposition. Le conseiller sortant Luc Angers, dans les Promenades, le seul district que je connaisse qui porte le nom d'un centre commercial. Pourquoi ne pas le rebaptiser Pointe-Gatineau? Luc Angers est un gros travailleur, mais un politicien totalement imprévisible qui s'attire les regards médusés de ses collègues à la table du conseil.

D'autre part, je suis étonné de voir qu'un nouveau district, Carrefour-de-l'Hôpital, élira sans opposition une nouvelle conseillère, Patsy Bouthillette. Pourtant, c'est un district qui intéressait deux exconseillers gatinois, Jacques Forget et Jean Deschênes.

Certaines courses seront fort intéressantes, soit par l'envergure ou la notoriété des candidats, soit par leur nombre. Le district d'Aylmer nous offre sans doute le contraste le plus frappant entre deux candidats: le conseiller sortant Frank Thérien, qui n'a pas inventé l'art oratoire, et le «poète, auteur dramatique, romancier et nouvelliste», Stefan Psenak. Ça va nous donner des débats de style fort intéressants.

Je suivrai de près la course dans Plateau-Manoir-des-Trembles, avec Jean-Nicolas Martineau, Maxime Tremblay et Nycole Turmel. Tremblay se présente en dauphin du conseiller sortant Alain Pilon et Turmel apporte une vaste expérience à titre d'ex-dirigeante de l'Alliance de la fonction publique.

C'est cependant dans Wright-Parc-de-la-Montagne que ça chauffera entre Patrice Martin et Jocelyn Blondin. Dommage qu'un des deux perde. Question? De qui le conseil a-t-il le plus besoin autour de la table? Dans l'Orée-du-parc, le désistement de René Laprise devrait favoriser Mireille Apollon contre le conseiller sortant Claude Millette qui l'avait emporté de justesse l'an dernier. Dans Hull-Val-Tétreault, une bonne lutte en perspective entre l'expérience de Denise Laferrière, la plus travaillante du conseil, et Pierre Ducasse, un candidat très articulé et très expérimenté en politique.

Dans Limbour, la course est totalement ouverte avec la retraite de Simon Racine et les candidatures de Nicole Champagne, de l'activiste Jocelyn Dumais, de Stéphane Gauthier et de Michel Ghantous ne s'imposent pas d'évidence. Ce dernier vient de proposer une troisième voie en bois sur le pont Alonzo-Wright.

Et qui a dit que la campagne est plate? C'est la même situation dans Buckingham, où la retraite de Jocelyne Houle ouvre toute grande la porte à Lévis Brazeau, à Luc St-Jacques, à Maxime Pedneaud-Jobin et à Carl Simpson.

Le district de Touraine nous offre une lutte intéressante entre le conseiller sortant Denis Tassé et le retour de Thérèse Cyr. Comme cette dernière ne peut se déplacer facilement, disons qu'elle va jouer fort sur le téléphone, les listes de pointage et sa notoriété passée. Tassé ne semble pas avoir de problème de sommeil.

Résumons donc: trois principaux candidats à la mairie, un de trop à mon avis, huit districts d'intérêt. Et plein de sujets passionnants que l'on abordera ce mois-ci.

 

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