Pour le dernier marqueur de 50 buts de l'histoire du Canadien de Montréal, compter des buts venait et vient encore facilement.
Le « p'tit gars de Ripon » est cependant un peu moins naturel dans son nouveau défi sur patins : partenaire de l'ancienne patineuse olympique Marie-France Dubreuil dans l'émission Battle of the Blades de la CBC, où d'anciens joueurs de la LNH s'affrontent sur la patinoire du Maple Leaf Gardens de Toronto.
Richer a beau avoir déjà dit qu'il y a autre chose que le hockey dans la vie, qui aurait cru un jour le voir faire du patinage artistique ?
« J'ai déjà dit ça et je peux le répéter encore plus maintenant », me confiait-il cette semaine, joint à Toronto entre deux séances d'entraînement en vue de la cinquième émission de la série, dimanche soir.
Beaucoup de discipline
« C'est toute une expérience que nous vivons ici. Je savais que je m'embarquais dans quelque chose de très gros, ça demande beaucoup de discipline et de pratique, trois ou quatre heures par jour. Si on m'avait dit que je ferais un jour du patinage artistique devant 1,5 million de téléspectateurs, 'live' devant une foule de plusieurs milliers de personnes au Maple Leaf Gardens, je ne l'aurais pas cru », ajoutait-il.
À l'origine, ce projet lancé notamment par l'ancien dur à cuire des Maple Leafs Tie Domi me semblait parti pour être une autre de ces émissions de téléréalité que je ne perds pas mon temps à regarder à la télévision. Sauf que par curiosité, et avant de parler de son expérience avec Richer, il fallait bien en regarder quelques extraits. Ce que j'ai fait sur le site de l'émission (www.cbc.ca/blades).
Ce que j'ai vu m'a impressionné : les anciens hockeyeurs (Richer, Domi, Claude « Pépé » Lemieux, Ron Duguay, Ken Daneyko, Craig Simpson, Glenn Anderson et Bob Probert) ont pris leur rôle très au sérieux et pour la plupart, ils ont abandonné leurs patins de hockey à la faveur de ceux préconisés en « patin de fantaisie », comme on disait dans mon jeune temps, avec leurs lames plus plates munies de pic. « Ça, c'était un gros ajustement », dit Richer, qui a perdu une vingtaine de livres en s'entraînant pour ce défi.
Jumelés à des patineuses de renom comme Shae-Lynn Bourne (partenaire de Lemieux), Barb Underhill (Duguay), Isabelle Brasseur (Anderson) et Jamie Salé (Simpson), les hockeyeur doivent impressionner un panel de juges - dont le flamboyant Don Cherry la semaine dernière - ainsi que le public, qui peut téléphoner ou voter pour ses favoris par le biais d'Internet.
Désavantagés parce que le public québécois regarde surtout Tout le monde en parle ou Le banquier le dimanche soir à 20 h, Richer et Dubreuil se sont retrouvés dans les deux derniers couples lors des deux premières compétitions à élimination et ils ont donc dû gagner la faveur des juges lors d'un skate-off le lundi soir pour demeurer dans la compétition où une somme de 100 000 $ est à l'enjeu (somme qui sera versée à un organisme caritatif du choix des gagnants).
Leurs performances ont été d'autant plus impressionnantes qu'au début de la dernière semaine de répétition, Dubreuil a été victime d'une vilaine chute lors d'un entraînement, subissant une commotion cérébrale qui a fait qu'elle représentait un cas douteux pour le « show » du dimanche.
Deux jours d'enfer
« C'était de ma faute, j'ai fait un geste déplorable, raconte Richer avec émotion. J'avais les mains en sueur et lors d'un flip, j'ai échappé Marie-France. En essayant d'éviter qu'elle tombe sur mes patins, je l'ai poussée mais j'ai forcé comme si elle pesait 400 livres alors qu'elle n'en pèse que 100. Elle est tombée sur le dos et s'est frappée la tête sur la glace. J'ai vécu deux jours d'enfer, je voulais m'en aller chez moi. Mais tout le monde m'a encouragé et Marie-France est tellement courageuse. Le dimanche, elle a dit qu'un petit mal de tête ne l'empêcherait pas de patiner. On a même fait le fameux flip en question, au milieu de notre routine. Personne ne savait ce qui s'était passé, les producteurs avaient gardé le silence là-dessus. »
Ce premier programme était patiné au son de We Will Rock You, de Queen. Lors de la deuxième semaine, Richer et Dubreuil ont impressionné les juges avec leur côté sensuel en patinant sur Strangers in the Night, de Frank Sinatra, ce qui leur a permis de défaire Brasseur et Anderson.
Demain soir, tous les patineurs se déhancheront au son de musique latine (salsa, cha cha, boléro), et le propriétaire du club de golf Montpellier, dans la Petite-Nation, va essayer de continuer à montrer ce côté artistique qu'il ne se connaissait pas lui-même.
« J'aime la musique, mais je suis un gars très stiff qui ne dansait même pas avant, je restais assis et je regardais les autres », relate Richer, qui versera son cachet de l'émission à l'organisme MA Fondation pour une enfance sans violence.
Stéphane Richer s'attend à ce que l'aspect compétitif de cette émission mettant aux prises d'anciens gagnants de la coupe Stanley et de médailles olympiques prenne le dessus au cours des prochaines semaines. « C'est pour le fun et on fait ça pour des charités, mais on veut tous gagner. Le niveau de difficulté va monter aussi alors qu'à compter de la quatrième semaine, nous allons avoir des éléments obligatoires à incorporer à nos routines. Dire que la pression était déjà haute parce que la marge de manoeuvre est de zéro, je peux en attester. Je peux juste imaginer comment c'est pour ces patineurs quand ils se présentent aux Olympiques », raconte-t-il.
Marie-France Dubreuil, dont le mari Patrice Lauzon agit comme entraîneur du couple, ne tient aucune rancune envers Richer pour sa chute, elle qui a déclaré lors de l'émission qu'elle « s'est fait un ami pour la vie ».
Pour aider Richer à rester en vie le plus longtemps possible, de même que son ami « Pépé » Lemieux (dont la performance avec Bourne la semaine dernière a même convaincu Cherry, qui l'a souvent critiqué comme hockeyeur), vous pouvez aller voter pour eux le dimanche soir, pendant les annonces de TLMEP, peut-être ?










