Julien et les Bruins ont un « beau défi à relever »

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Marc Brassard
Le Droit

L'entraîneur d'un club de la LNH n'a jamais trop de temps pour s'asseoir sur ses lauriers.

Parlez-en à Claude Julien, le récipiendaire du trophée Jack-Adams l'an dernier qui dirige des Bruins de Boston considérés par plusieurs parmi les plus sérieux aspirants à la coupe Stanley avant que la saison ne commence.

C'était cependant avant que son club débute la campagne de façon laborieuse, puis qu'il perde deux piliers, le prolifique centre Marc Savard, originaire d'Ottawa, et l'imposant attaquant en puissance Milan Lucic, au cours de la dernière semaine. Les « Oursons » ont aussi effectué deux échanges cette semaine, envoyant le vétéran Chuck Kobasew au Minnesota et obtenant Daniel Paillé de Buffalo.

« Ils te font toujours gagner ton salaire », a blagué Julien, que j'ai joint hier alors qu'il était en route pour le domicile de ses parents à Orléans.

Les Bruins sont débarqués dans la capitale tard dans la nuit de jeudi à hier, après avoir subi un revers de 4-3 en fusillade à Philadelphie quand l'ex-Olympique Claude Giroux a marqué grâce à des feintes magistrales, puis qu'un autre ex-Olympique, Michael Ryder, a frappé le poteau alors qu'il tentait de prolonger la séance de tirs de barrage.

Comme le disait récemment l'entraîneur du Canadien Jacques Martin, collègue franco-ontarien de Julien, le hockey, « c'est une partie de pouces » parfois.

Résultat encourageant

Pour Julien, ce résultat contre des Flyers qui représentent une puissance dans l'Est, conjugué à une victoire de 3-2 la veille contre Nashville, était passablement encourageant, même si son club doit se contenter d'une fiche de ,500 (4-4-1) en ce début de campagne.

« On n'a pas eu le départ qu'on voulait, avec seulement deux victoires en cinq matches à domicile pour amorcer la saison. Mais depuis une couple de parties, nous avons relevé notre intensité. On s'ajuste bien à l'absence des blessés, qui font partie de la game, ainsi qu'aux changements apportés. C'est un beau défi qu'on doit relever », me confiait-il.

Perdre de gros morceaux comme Savard et Lucic pour de longues périodes (quatre à six semaines chacun) n'est évidemment pas idéal pour un entraîneur, mais Julien dit que ses Bruins sont déjà passés par là, surtout il y a deux ans quand Savard avait aussi été blessé alors que Patrice Bergeron avait raté toute la campagne. « Ça donne juste la chance à d'autres gars d'en donner plus », dit celui qui a aussi vu son meilleur franc-tireur de l'an dernier, Phil Kessel, être échangé à Toronto (contre trois choix, dont deux de première ronde).

Des fleurs pour Bégin

Parmi ceux qui répondent à son appel jusqu'à maintenant, il note Bergeron, de retour à son niveau de jeu pré-commotion cérébrale, et Steve Bégin, l'ancien du Canadien à sa première saison en noir et or.

« Je le connaissais bien pour l'avoir dirigé à Montréal et l'avoir eu dans la face quand il était le capitaine de Val-d'Or, a dit l'ancien entraîneur des Olympiques. Il est toujours aussi fougueux, il nous donne exactement ce qu'on attendait de lui, et il produit en plus, presqu'un point par match. Ça, c'est du 'bonus'. »

Impossible de parler à Claude Julien sans lui demander des nouvelles des anciens Olympiques qu'il dirige, Michael Ryder (3 buts, 3 passes en 9 matches) et David Krejci (4 passes).

« Ryder joue bien depuis le début de l'année. D'habitude, il connaît de lents débuts de saison, mais ce n'est pas le cas cette année et on ne peut le blâmer pour notre lent départ », répond-il en parlant de celui qu'il avait déjà surnommé Easy Ryder.

« Avec David, ça s'en vient. Il ne faut pas oublier qu'il a été opéré (à une hanche) cet été, il est revenu au jeu plus vite que prévu parce qu'il a travaillé très fort avec sa réhabilitation. Mais il n'a pas joué de parties hors-concours », souligne-t-il.

Chara

Pour ce qui est de l'ancien Sénateur Zdeno Chara, son capitaine, Julien est d'avis qu'il n'est pas tout à fait de retour au niveau qui lui a valu le trophée Norris la saison dernière. « Il est correct, ce qui veut dire très bon dans son cas. Mais l'an passé, il était dominant », note-t-il au sujet de celui qui s'est fait remarquer cet automne en posant nu pour ESPN, The Magazine.

Julien a évidemment hâte de voir de ses propres yeux ce soir si les Sénateurs sont pour être des adversaires redoutables dans la division Nord-Est cette saison. Pour les Bruins, il s'agira d'un premier match intra-division de la saison, eux qui n'accusent que deux points de retard sur le premier rang que se partagent, de façon assez surprenant, Ottawa et Buffalo.

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