Joseph de Sylva (Versant) prend du galon comme maire suppléant et la présidence de la commission des loisirs, des sports et de la vie communautaire avec la tenue des Jeux du Québec. Au comité exécutif, Denise Laferrière (Hull-Val-Tétreau) conserve son influence stabilisatrice, sa réputation de travailleuse et son aversion pour la langue de bois, un gros plus. Luc Montreuil (Masson-Angers), qu'on dit un brin déçu, accède à la vice-présidence du comité exécutif où il sera accompagné d'Alain Riel (Deschênes) et de Denis Tassé (Touraine) qui y sera le porte-parole des ressources humaines, une responsabilité de premier plan qui le tiendra fort occupé. Luc Montreuil est également chargé de l'important comité des immobilisations et du budget. C'est peut-être moins honorifique que la suppléance à la mairie mais c'est un poste stratégique de première importance.
Marc Bureau ne se trompe pas en laissant la présidence des réunions du conseil à Patrice Martin (Wright-Parc-de-la-Montagne); il lui adjoint cependant Patsy Bouthillette (Carrefour-de-l'Hôpital) puisqu'il doit répondre souvent aux questions des citoyens sur la STO. Reste à voir si Martin sera un peu moins coulant avec les citoyens qui arnaquent les réunions du conseil.
Patsy Bouthillette se retrouve également à la présidence du comité consultatif d'urbanisme que Denise Laferrière lui a sans doute cédé avec soulagement. Pour quelqu'un qui se propose de cumuler sa carrière d'avocate à ses responsabilités d'élue, Patsy Bouthillette risque de trouver que le temps passe très vite. Avec Maxime Pedneaud-Jobin (Buckingham) et Denise Laferrière sur ce comité, elle n'aura pas le temps de s'ennuyer.
On note également que le maire Bureau a offert la présidence de cinq comités à des nouveaux dont la sécurité à Maxime Tremblay (Plateau-Manoir-des-Trembles), la culture à Stefan Psenak (Aylmer), l'habitation à Sylvie Goneau (Bellevue) et la jeunesse à Maxime Pedneaud-Jobin. Voila un signe de la qualité des nouveaux arrivants au conseil.
Chez les «anciens», il faut noter qu'Alain Riel et Patrice Martin gardent leurs «portefeuilles» stratégiques de la STO et de l'environnement, signe évident de la confiance que leur témoigne le maire Bureau. Quant à Pierre Philion (Saint-Raymond-Vanier), il se dit en pénitence pour son appui à Aurèle Desjardins puisque son dossier fétiche de Gatineau, Ville en santé passe sous la présidence de Denise Laferrière. Le conseiller Philion a son caractère mais il ne méritait pas d'être ainsi écarté après y avoir fait un excellent travail. Je note aussi la présidence de Luc Angers à la nouvelle Commission des aînés et de la famille. Nul doute que cette commission sera mise à contribution dans l'élaboration de la politique de développement social.
Le débat qui n'a pas eu lieu
Le vrai débat hier n'a pas eu lieu au conseil en soirée mais plutôt au caucus préparatoire en après-midi. On doit comprendre que les réunions du conseil se préparent à l'avance. Cela ne signifie pas que c'est arrangé avec le gars des vues. On veut plutôt passer à travers l'ordre du jour, parfois volumineux, pour s'assurer qu'il y aura «des proposeurs et des appuyeurs» et voir venir à l'avance les résolutions qui feront l'objet de débat. On ne vote pas au caucus préparatoire bien que l'on sente de quel côté vient le vent. Si le vent est contraire, si les objections sont nombreuses, il se peut que des résolutions soient remises à une date ultérieure ou tout simplement aux calendes grecques.
Comme il s'agissait de la première véritable réunion publique du nouveau conseil, on a vu l'allure que prendront les débats et les échanges sur la question du changement de zonage au 50 Montcalm. Le propriétaire du commerce Vice-Versa, coin de Wellington et Montcalm, voudrait y ériger une tour à bureaux de 15 étages avec des commerces au rez-de-chaussée dans le cadre des appels d'offres du gouvernement fédéral pour de l'espace à bureau. Il a cependant besoin d'une modification du règlement de zonage. Il y a eu ouverture d'un registre pour les opposants au projet. Il en fallait 26 pour provoquer la tenue d'un référendum et 28 se sont manifestés. Le promoteur a présenté une pétition d'une centaine de noms dont 42 citoyens «habiles à voter» en faveur du projet
La ville doit donc décider si elle tiendra un référendum auprès des citoyens concernés directement dans la zone en question et dans deux zones contiguës. Coût d'un référendum: environ 5000$... que le promoteur serait disposé à payer.
Ce genre de débat soulève plusieurs questions. Est-ce l'affaire de 150 citoyens ou de 250000? Si on veut que des gens s'installent dans le centre-ville, doit-on commencer par construire des endroits où ils travailleront? Préfère-t-on une tour à bureaux de 15 étages ou un stationnement? Pourquoi ne pas construire une tour à logements de 15 étages avec des commerces au rez-de-chaussée? Devrait-on tenir un référendum parce qu'un promoteur est prêt à en payer les frais? Étrange. La signature de registres est-elle une licence d'immobilisme où il ne suffit que de quelques signatures pour tout bloquer? Doit-on absolument avoir l'unanimité pour avancer... ou reculer? Enfin, quelle est la position du maire Bureau?
Résultat? On a remis la décision au début de décembre et je ne sais toujours pas où couche le maire Bureau sur cette question. Les nouveaux conseillers Psenak et Pedneaud-Jobin n'ont pas tardé à se prononcer sur la question en allant dans le sens des opposants à la modification du règlement de zonage, donc contre le projet, alors que les conseillers Laferrière et Martin se rangeaient du côté des référendaires pour en avoir le coeur net. On en discutera encore lors d'un comité plénier où on tentera de crever l'abcès et vider le sujet. Comme dans bien des dossiers municipaux, on ne doit jamais être pressé.










