Le maire Marc Bureau a fait un très bon coup en le nommant à la présidence du bureau de l'ombudsman, en décembre 2006. De plus, c'est un service qui ne nous coûte pas une fortune, puisque tous ses membres font ce travail bénévolement. Sans qu'il y ait identité politique entre le maire et l'ex-maire, on pouvait alors présumer qu'il y avait une certaine proximité, une parenté d'attitude et même un préjugé favorable entre les deux. Cette semaine, Michel Légère a publié son troisième rapport. Même s'il ne bouleverse rien et se tient à distance des grands dossiers controversés, il poursuit son bonhomme de chemin sans trop faire de vagues, tout en humanisant les relations entre la Ville et ses citoyens. J'ai lu attentivement son rapport et on y sent une préoccupation légitime de service aux citoyens sans éclat mais sur un ton conciliant et réaliste.
D'ailleurs, je vous recommande fortement de lire la déclaration «Nous sommes le Bureau de l'ombudsman» en pages27 à29. Tout y est dit. Ce texte court et dense est un modèle qui devrait inspirer la Ville si elle va jusqu'au bout de la proposition d'élaborer «une Charte du citoyen qui pourrait contenir les droits et les obligations civiques du citoyen et une déclaration de services de la Ville.» C'est du Légère tout craché.
Veuillez surtout noter l'expression «droits et obligations civiques du citoyen». Plutôt que de se limiter à une unique déclaration de droits, on y ajoute les «obligations civiques.» J'aurais aimé cependant que Michel Légère et les membres de son bureau élaborent davantage cette idée, plutôt que de la lancer à la toute fin de leur rapport, comme on lance un scoop en espérant que les médias vont le ramasser. Le maire Bureau s'est dit beaucoup plus réceptif à une déclaration de services qu'à une Charte du citoyen. Je le comprends. Alors que la première est relativement facile à quantifier, comme un délai de réponse ou d'émission de permis, une charte est beaucoup plus difficile à gérer et, surtout, à interpréter sinon dans ses grandes lignes.
Pedneaud-Jobin et la beauté
Le conseiller de Buckingham Maxime Pedneaud-Jobin n'a pas peur des sujets minés. Il s'est attaqué récemment à une vieille affiche du magasin David Assad, derrière l'oeuvre d'art installée par la Ville, tout près du pont Brady. L'affiche en question est illégale en fonction des règlements d'aujourd'hui par la taille, le positionnement à l'étage et l'édifice, mais elle ne le serait pas en fonction des droits acquis, selon l'homme d'affaires. Je ne ferai ni le procès d'une entreprise implantée depuis toujours dans le milieu buckinois ni des mérites juridiques de l'une ou l'autre position. En toute franchise, je trouve que leur affiche est pas mal défraîchie et qu'elle ne constitue pas une bonne publicité pour l'entreprise.
Ce qui m'intéresse dans cette petite affaire, c'est tout ce qu'elle sous-tend du travail d'un élu. Je suis sûr que le conseiller Pedneaud-Jobin recevra plus d'appuis ou de commentaires sur cette affaire que sur bien d'autres questions. Et s'il veut s'attaquer à la beauté relative des choses, il s'embarque dans un beau contrat. Après l'affiche d'Assad, je lui suggère de s'attaquer à la plus grande pollution visuelle de la ville de Gatineau, les affiches publicitaires le long de l'autoroute 50 en allant vers Buckingham. Je me demande bien par quel subterfuge de droit acquis ou d'interprétation des règlements on peut nous infliger pareille agression visuelle parfois de mauvais goût. Si le conseiller Pedneaud-Jobin monte ce cheval de bataille, il en a pour plusieurs mandats et plusieurs manchettes.
Chances égales 2010
À quelques mois des élections municipales à Ottawa et avec la possibilité que Larry O'Brien ne se présente pas pour un renouvellement de mandat, je trouve très rafraîchissant ce groupe de leaders de la communauté qui ont formé une alliance, nommée « FairChance 2010 », afin de provoquer des candidatures valables aux prochaines élections municipales et servir de mentor à d'éventuels candidats.
On y trouve des gens d'affaires, des communicateurs, d'ex-politiciens comme Jean-Jacques Blais et Jacquelin Holzman. Ils veulent mettre leurs réseaux au service de la chose publique et donner à d'éventuels candidats de qualité le goût de se présenter. Ils sont d'avis que les élus sortants ont un énorme avantage et découragent d'autres candidats de valeur de se présenter. Même s'ils ne sont pas « apolitiques », je suis très sensible à leur démarche, ne serait-ce que pour augmenter la qualité de ceux qui nous représentent au conseil.
L'expérience de la dernière élection à Gatineau, que ce soit à la mairie ou dans les districts, m'a fait prendre conscience du peu de préparation de certains candidats.
J'ai été renversé de constater que des candidats à la mairie ne connaissaient même pas la taille du budget municipal. C'est une véritable imposture à l'endroit des électeurs que de solliciter leur appui sans connaître « la grosseur du tas » dont ils postulent la responsabilité élective.
En démocratie, n'importe qui peut se présenter et on en a eu la preuve en novembre dernier à Gatineau. L'exercice de la démocratie n'est pas une science exacte et c'est pourquoi l'on ne peut laisser sur la table des candidatures de valeur qui pourraient augmenter la qualité de la représentation.
Le comité de sages ou de mentors qui vient de se manifester à Ottawa est une initiative qui mériterait d'être reprise à Gatineau.










