Tiens, cela ferait un beau nom de rue: la rue MAMROT!
En effet, il y a des risques de dérive qui pourraient rendre l'application d'un tel code d'éthique tellement contraignante qu'elle pourrait, dans des cas extrêmes, paralyser l'appareil municipal ou détruire des réputations.
Le problème d'un code d'éthique et de déontologie, c'est qu'on ne peut pas être contre ou en remettre en question certains articles sans passer pour quelqu'un qui a quelque chose à cacher ou des intérêts à protéger. On est tous pour la vertu. On veut que nos élus soient plus blancs que blancs et lavent plus blanc que blanc. On veut éviter les dérapages qui ont fait la manchette lors des dernières élections municipales, en particulier dans la région de Montréal.
La résolution votée à la sauvette au conseil municipal de mardi devant une salle vide et longuement discutée au caucus préparatoire en après-midi fait partie de représentations de l'Union des municipalités du Québec pour en influencer le contenu par anticipation. Je comprends parfaitement leurs inquiétudes. La résolution de mardi tient davantage aux onze «considérant» qu'au texte de la résolution comme tel. Ainsi, le deuxième «considérant» souligne l'obligation pour les municipalités «d'adopter un code d'éthique contenant une base commune et minimale de comportements fautifs et un régime de sanctions applicables par un commissaire à l'éthique qui relèverait de la Commission municipale». Elle s'inquiète des intentions gouvernementales de «judiciariser l'éthique en mettant en place une structure quasi-judiciaire de surveillance». À ce titre, on s'inquiète que le commissaire aurait un pouvoir d'enquête, d'application de ses décisions et de sanction.
Ce que l'on craint, et je crois que cette crainte est légitime, c'est que n'importe lequel citoyen pourrait formuler des allégations comme bon lui semble et dont le commissaire à l'éthique devrait rendre publiques, ce qui pourrait entacher les réputations, à la veille d'une élection par exemple.
La résolution commune propose que le MAMROT applique aux élus municipaux «les mêmes règles d'éthique et les mêmes mécanismes de régulation de l'éthique que celles qui seront adoptées pour les élus provinciaux.» Comme le projet de loi 48 fait 43 pages, on s'imagine bien qu'on est en train de créer un monstre difficile à dompter dans la vie quotidienne d'un élu municipal. Là encore, la difficulté est de proposer un code d'éthique (agir et être) et de déontologie (droits et devoirs) spécifique au monde municipal qui améliore les choses plutôt que les emberlificoter.
La position du maire Bureau et des élus de Gatineau est parfaitement défendable et raisonnable. Cependant, je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse de deux poids, deux mesures d'appliquer des codes différents adaptés aux élus municipaux ou aux députés à l'Assemblée nationale.
Je suis conscient des dérapages possibles dans le projet de loi présentement sur la planche à dessin. J'assiste à toutes les réunions du conseil et le ton de certaines interventions des citoyens me fait craindre le pire.
Le scénario évoqué par le maire Bureau est très vraisemblable. Il n'y a pas grand-chose qu'un élu ne puisse faire quand la rumeur ou les insinuations font leur oeuvre de sape dans l'opinion publique. La réputation d'un élu tient toujours à un fil ténu que tout citoyen bien ou mal intentionné peut facilement couper.
Coin Mafalda et Marsupilami
Je ne suis pas coincé, mais je n'ai jamais été très chaud à l'idée de nommer des rues de personnages de bandes dessinées, d'émissions de télé ou d'autres thèmes sortis de l'imagination fertile du premier groupe de pression. Rue Guy-Sanche, n'importe quand. Rue Bobino, j'ai des réserves. Bravo à Paul Roux d'avoir bien vendu son idée d'une rue Mafalda! Son engagement et sa renommée sont irréprochables.
Je suppose qu'on peut présenter une argumentation structurée et intelligente en faveur de n'importe lequel thème. Au fond, une ville qui trouve le moyen de nommer des rues Hémisphère, Gravité, Planète ou Apogée peut bien appeler ses rues comme elle voudra, de cépages, de département français, de peintres, de marques d'autos ou de parties du corps.
Je trouve regrettable qu'on ait si peu de sens de l'histoire ou de la culture de notre région qu'on ne puisse s'en inspirer davantage pour baptiser nos rues.
La rue Mamrot, pourquoi pas? Peut-être que le 2février on irait voir si les résidants de la rue Mamrot sortent le nez dehors.










