M. Bureau a réitéré hier qu'il se donne jusqu'à la fin septembre pour convaincre les gouvernements d'investir 50 des 80 millions nécessaires pour bâtir un nouvel amphithéâtre de 5000 sièges.
En mêlée de presse, le maire a laissé échapper l'existence d'un plan B s'il échoue dans ses démarches. Il doit rencontrer les députés provinciaux et fédéraux dans les prochaines semaines.
Pressé de question, le maire a vite retraité, disant qu'il travaillait toujours sur son plan A et qu'il était donc trop tôt pour discuter des scénarios de rechange. « Le plan B est en train d'être développé, mais on a un plan A, et c'est sur celui-là que je travaille jusqu'à la fin septembre [...] Le plan B, on le dévoilera plus tard, on l'aura en temps et lieu. »
Pour plusieurs, ce plan B pourrait signifier un retour à la case départ après l'échec du partenariat public-privé pour la reconstruction de Guertin et deux tentatives ratées pour déménager le domicile des Olympiques de Gatineau sur de nouveaux terrains du centre-ville.
Le maire Bureau a refusé de discuter de son plan B, mais il démontre peu d'enthousiasme pour le projet de l'homme d'affaires Gilles Desjardins, grand patron de Brigil. Celui-ci a proposé de construire le nouvel aréna des Olympiques sur un de ses terrains situés en bordure de l'autoroute 50, à Pointe-Gatineau.
Aux yeux du maire Bureau, ce projet a le défaut d'être situé hors des limites officielles du centre-ville. « Le projet de Brigil aura des coûts importants pour la Ville. Les coûts vont être similaires au projet qu'on a là et, en plus, ce ne sera pas dans le secteur qu'on a identifié (soit le centre-ville). Et de ce que je connais de son terrain, il y a une grande problématique, il est en zone inondable. »
« Improvisation »
Hier, le conseiller Pierre Philion ne s'est pas gêné pour critiquer l'« improvisation » du maire Bureau et de la direction générale dans le dossier de Guertin. Selon lui, la Ville n'en serait pas au même point aujourd'hui si le maire Bureau avait tenu promesse pour retourner en appel de propositions tout de suite après l'échec du partenariat public-privé de 28 millions.
« Le maire tente de sauver la face, analyse-t-il. C'est comme s'il retardait les choses pour se donner raison quand il dit que le nouvel aréna va coûter beaucoup plus cher que le projet de Raymond Brunet. Je comprends que ça va coûter plus cher : ça fait au-dessus d'un an que ça niaise ! »
Pour M. Philion, la meilleure option demeure l'agrandissement et la rénovation de l'amphithéâtre actuel de la rue Carillon. C'est d'ailleurs ce que proposait le partenariat public-privé de 28 millions rejeté par le gouvernement du Québec. Le maire adjoint, Joseph De Sylva, a d'ailleurs accusé M. Philion d'avoir fait dérailler ce projet, l'an dernier.
M. Philion a rétorqué que c'est plutôt la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, qui a rejeté le projet, après l'avoir jugé illégal. « M. De Sylva dit la moitié de la vérité. Si pour lui faire un projet illégal est correct, pour moi, ce ne l'est pas. »













