Selon des personnes âgées interrogées dans le cadre d'une étude

Le milieu de la santé a «perdu une certaine éthique»

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Congrès de l'ACFAS

[ Sciences ]

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Toute l'actualité sur le 77e congrès de l'Association francophone pour le savoir qui se déroule à Ottawa. »

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Caroline Barrière
Le Droit

Les personnes âgées qui bénéficient de services dans les CLSC ou qui reçoivent des traitements en milieu hospitalier déplorent la piètre qualité de la relation avec les médecins.

Ils dénoncent également les nombreuses attitudes d'âgisme dont ils sont victimes de la part du personnel de la santé.

Josée Grenier, professeure au département de travail social et des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, a interrogé 21 femmes et neuf hommes âgés de 70 à 91 ans, afin de connaître leur opinion et leur perception du monde de la santé.

Selon elle, les experts et les politiciens donnent souvent leur avis, mais les personnes directement touchées demeurent trop souvent silencieuses. Ces 30 personnes souffrent d'une perte d'autonomie jugée légère à modérée et vivent à domicile, dans les HLM ou dans des résidences autonomes ou semi-autonomes.

« La relation avec le médecin est mise à rude épreuve en ce qui concerne l'attente pour un rendez-vous, la rapidité de la rencontre et la qualité de l'écoute. La personne reste avec ses propres angoisses, parce qu'elle n'obtient pas toujours de réponses satisfaisantes à ses questions. Les médecins sont aussi très occupés et cette réalité a un impact sur la clientèle » affirme Josée Grenier.

L'âgisme, une forme de discrimination basée sur l'âge, est un phénomène courant selon les réponses qu'elle a analysées.

Il s'agit d'expression du genre : « Tout va bien aller ma petite madame », mais aussi de décisions ou d'attitudes.

Elle cite en exemple un arrêt de traitement proposé sans explication, l'imposition d'un changement de vie et des commentaires relatifs à l'âge.

Ces aînés rappellent également qu'un bon accueil, que le respect, le vouvoiement et la politesse sont des éléments qui font souvent défaut dans le système de santé. « Ils estiment que le milieu a perdu une certaine éthique », ajoute-t-elle.

Les proches aidants

Un autre aspect de la recherche tend à déboulonner le mythe qui veut que les familles s'occupent peu de leurs parents vieillissants.

« On croit, à tort, que la famille est éloignée, mais ce n'est pas le cas. Les proches aidants sont déjà surimpliqués. De plus en plus de tâches leur sont déléguées. On se fait avoir par nos politiques qui disent le contraire. Ces aidants parlent de la lourdeur de la tâche qui ne cesse d'augmenter. »

Selon elle, des questions importantes sur la santé et l'orientation des politiques publiques doivent faire l'objet de discussions citoyennes et les décisions ne doivent pas êtres prises à huis clos.

Elle souligne la nécessité d'inclure les aînés dans le processus de prises de décision.

L'étude de Josée Grenier a été dévoilée lors du congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir (Acfas) qui se déroulait cette semaine à l'Université d'Ottawa et qui a pris fin hier.

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