Grippe porcine: le Canada considère recommander d'éviter le Mexique

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Grippe A (H1N1)

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La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq.

La Presse Canadienne

 

Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Devant la multiplication des cas de grippe porcine à travers le monde et particulièrement au Mexique, le Canada considère émettre un avis aux voyageurs leur recommandant d'éviter de se rendre dans les régions mexicaines touchées par le virus.

Six cas de grippe porcine ont été confirmés jusqu'à présent au Canada, soit quatre en Nouvelle-Ecosse et deux en Colombie-Britannique, mais plusieurs personnes d'un bout à l'autre du pays, qui présentent des symptômes similaires à ceux de cette souche de grippe, sont sous observation médicale.

Les Canadiens touchés n'ont pas souffert de symptômes aigus et sont désormais sur pied, ce qui ne veut pas dire que le problème est réglé, a insisté le premier administrateur en chef de la santé publique du Canada, David Butler-Jones.

En point de presse avec la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, il a confié s'attendre à ce que d'autres cas, potentiellement plus graves, voire mortels, soient confirmés dans le futur.

«Nous allons probablement voir davantage de cas. Nous allons probablement voir des cas plus sévères. Et malheureusement, nous allons probablement également constater des décès», a prévenu M. Butler-Jones.

Pour l'instant, les Canadiens qui voyagent à destination du Mexique ou qui en arrivent peuvent entendre dans l'avion un message les informant des symptômes de la grippe porcine et des précautions à prendre pour éviter la propagation de la maladie.

Ottawa attend cependant de mener davantage de consultations avec les Etats-Unis et le Mexique avant d'émettre un avis aux voyageurs, a indiqué Mme Aglukkaq.

«Quand vous faites face à une telle situation, il n'y a pas de frontière, et nous devons y répondre en prenant cela en compte. La coopération est requise et nous adoptons une approche nord-américaine», a souligné la ministre.

Pendant ce temps, tant les Etats-Unis que l'Union européenne conseillent à leurs citoyens d'éviter de séjourner au Mexique, à moins que ce soit tout à fait essentiel de s'y rendre.

Lundi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a relevé son niveau d'alerte concernant la grippe porcine de 3 à 4 sur une échelle de 6. L'OMS reconnaît ainsi que le virus peut être transmis d'humain à humain, dans au moins un pays, et que les risques de pandémie sont significatifs.

La grippe est soupçonnée d'être à l'origine de 149 décès au Mexique et pas moins de 2000 personnes pourraient avoir été infectées. Toutes les écoles du pays sont désormais fermées pour éviter la propagation de la maladie.

Quarante cas de la maladie ont été confirmés aux Etats-Unis. Le virus H1N1 a par ailleurs traversé l'Atlantique avec deux cas confirmés au Royaume-Uni et un en Espagne.

Cette hausse du niveau d'alerte de l'OMS ne vient pas changer le plan en six points présenté par la ministre Aglukkaq pour faire face à la menace: le suivi des cas de grippe, la coopération internationale dans le dossier, la recherche pour le développement d'un vaccin, les réserves d'antiviraux, les services de santé et la communication avec le public sur le sujet.

La prévention est de mise, a-t-elle rappelé, encourageant notamment les gens à se laver régulièrement les mains et à être attentifs à tout symptôme éventuel s'ils ont visité le Mexique récemment.

Par ailleurs, les travailleurs agricoles mexicains devront se soumettre à un examen médical avant d'entrer au Canada. Ottawa et Mexico se sont entendus sur des mesures supplémentaires afin de protéger les Canadiens de la grippe porcine sans interdire l'entrée au pays des milliers de travailleurs sur lesquels comptent particulièrement les agriculteurs du Québec et de l'Ontario.

Les trois partis d'opposition aux Communes ont semblé satisfaits des mesures entreprises par le gouvernement pour endiguer toute épidémie potentielle.

Le parti libéral a toutefois proposé la création d'un comité parlementaire spécial sur la grippe porcine, une idée à laquelle les conservateurs et les néo-démocrates se sont montrés plutôt tièdes, puisqu'il existe déjà un comité de la santé.

Tous ont appelé au calme devant la décision de certains pays, comme l'Inde et la Malaisie, de déconseiller à ses citoyens de visiter le Canada en raison des cas de grippe porcine qui y sont déclarés.

Selon le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, les avis émis par ces pays constituent «probablement une réaction excessive» et ces Etats ne devraient à son avis faire de telles recommandations que si des risques réels existent.

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