En plus des quatre cas en Nouvelle-Ecosse et des deux cas en Colombie-Britannique décelés en fin de semaine, les autorités ont confirmé mardi que sept autres personnes ont été infectées par le virus H1N1.
Quatre de ces nouveaux cas ont été diagnostiqués en Ontario, deux en Alberta et un autre en Colombie-Britannique. Tous les Canadiens ayant contracté la grippe porcine souffrent de symptômes bénins et la vie d'aucun d'entre eux n'est en danger.
«Ces cas étaient prévus et ne changent pas notre plan d'action. Nous sommes en contrôle de la situation», a assuré la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, lors d'un point de presse en fin de journée, à Ottawa.
Pour le moment, toutes les victimes canadiennes semblent avoir un lien évident avec le Mexique. La plupart des personnes contaminées ont en effet séjourné dans ce pays récemment, tandis qu'une poignée aurait attrapé le virus au contact d'un voyageur, a précisé l'administrateur en chef de la santé au Canada, le docteur David Butler-Jones.
Pour limiter les risques de contagion, les autorités recommandent aux Canadiens de prendre les précautions d'usage, c'est-à-dire de se laver régulièrement les mains et de couvrir leur bouche de même que leur nez quand ils éternuent ou toussent.
Les personnes qui ressentent les symptômes de la grippe (fièvre, fatigue, perte d'appétit, toux, mal de gorge, nausées et diarrhées) sont invitées à rester à la maison ou à se rendre chez le médecin si leur état se détériore.
Tant le Dr Butler-Jones que son collègue du Laboratoire national de microbiologie, Frank Plummer, ont insisté pour dire que le virus ne se transmettait pas par l'ingestion de porc et qu'il n'y avait donc aucune raison de cesser de consommer cette viande ou d'autres aliments.
«Il n'est pas plus risqué d'être en contact avec des cochons aujourd'hui qu'il y a six mois», a martelé le Dr Plummer, qui est directeur scientifique du laboratoire situé à Winnipeg.
Restriction des voyages au Mexique
Plus tôt, l'Agence de la santé publique du Canada avait émis un avis de restriction des voyages vers le Mexique, affirmant que tout déplacement non urgent vers ce pays particulièrement affecté par la grippe porcine devrait être reporté jusqu'à nouvel ordre.
Avec cet avis, le Canada emboîte le pas aux Etats-Unis et à l'Union européenne, qui conseillaient lundi à leurs citoyens d'éviter les déplacements vers le Mexique.
«Evidemment, cela demeure une décision personnelle. Elle devra être fondée sur votre situation et vos besoins, mais nous vous recommandons de retarder votre voyage, si possible», a souligné le Dr Butler-Jones.
Les personnes qui se rendront néanmoins au Mexique seront questionnées et peut-être soumises à des tests de dépistage de la grippe dès leur retour en sol canadien.
Les autorités mexicaines soupçonnent le virus H1N1 d'être à l'origine de 152 décès et d'avoir infecté près de 2000 personnes au pays.
Le virus n'a d'ailleurs épargné aucune région de la planète, avec 68 cas confirmés aux Etats-Unis, deux en Ecosse, deux en Espagne, 11 en Nouvelle-Zélande et deux en Israël. Des cas suspects sont également sous surveillance au Danemark, en Suède, en France, en Norvège.
Lundi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait passer son niveau d'alerte de 3 à 4 sur une échelle de 6, ce qui signifie une hausse significative du risque de pandémie. Elle n'écarte pas de relever encore d'un cran son niveau d'alerte si la situation le justifie.
Voyages annulés ou reportés
Un peu partout dans le monde, des voyagistes ont annoncé la suspension des départs qu'ils opèrent à destination du Mexique. Au Canada, le voyagiste et transporteur aérien Transat a été le premier à déclarer mardi qu'il reportait tous ses vols vers le Mexique jusqu'au 1er juin. Il ramène également ses clients et employés actuellement là-bas.
Sunwing a suspendu ses vols vers cette destination-soleil jusqu'au 29 mai et Sunquest jusqu'au 4 juin.
Les autorités mexicaines ont pour leur part adopté de nouvelles mesures, plus draconiennes, pour éviter que la situation ne dégénère en fermant, en plus des écoles, les restaurants, piscines publiques, salles de cinéma et musées. Des masques de papier sont en outre distribués à ceux qui en font la demande.
La Banque mondiale a octroyé un prêt de plus de 200 millions $ au pays pour l'aider à faire face à l'urgence. Des experts étrangers, parmi lesquels des Canadiens, ont en outre été envoyés au Mexique pour donner un coup de main aux responsables locaux.
Les recherches se poursuivent pour identifier la source du virus. Ni les autorités canadiennes, ni celles des Etats-Unis, ne sont en mesure de prédire comment la situation évoluera. Tous s'attendent cependant à ce que la grippe cause des décès hors du Mexique.












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