«Un climat de paranoïa»

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Grippe A (H1N1)

[ Santé ]

Grippe A (H1N1)

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Son université n'ayant pas la télé, c'est grâce à Facebook qu'Isabelle Rodier a appris que sa session avait été annulée trois semaines avant la fin des cours.

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Jean-François Plante
Le Droit

Une étudiante de l'Université d'Ottawa a dû couper court à son programme d'échange international dans une université mexicaine en raison de la crise de la grippe porcine qui sévit dans le pays le plus au sud de l'Amérique du Nord.

Installée à Monterrey, près de la frontière du Texas, depuis le mois de janvier, Isabelle Rodier était extrêmement soulagée lorsqu'elle a regagné sa résidence familiale à Gatineau mercredi soir. La jeune femme de 20 ans est en santé et ne montre aucun symptôme du fameux virus.

Dimanche, son institution a annoncé qu'elle fermait ses portes jusqu'au 6 mai. Depuis quelques jours, son niveau de stress avait augmenté de plusieurs crans. La crise prenait de l'ampleur autour d'elle et sa date de retour au pays n'était prévue que pour le 14 mai. « Tout le monde se promenait avec des masques dans les rues de la ville. La crise était sur toutes les lèvres et la majorité des étudiants voulaient rentrer à la maison. Un climat de paranoïa s'était installé. À l'université, nous n'avions pas de téléviseur alors nous ne savions jamais si ce que nous entendions était vrai. Pour avoir de vraies nouvelles, il fallait communiquer avec nos amis mexicains sur Facebook », a indiqué l'étudiante en commerce international âgée de 20 ans.

Finalement, c'est à travers le site web de Facebook qu'elle a su que sa fin de session avait été annulée trois semaines avant la fin des cours. Pour Isabelle Rodier, fille du directeur général du Centre de santé et des services sociaux de Gatineau, André Rodier, il n'était pas trop tôt. Son colocataire ne se sentait pas bien et il montrait des symptômes du virus de la grippe porcine. « Les gens ne voulaient pas le voir car ils avaient peur du risque de transmission de la maladie. C'était la folie furieuse. Les gens pensaient qu'il n'y avait aucun moyen d'éviter d'attraper le virus. Si quelqu'un toussait, il se faisait regarder de travers. J'ai pu rentrer rapidement car je n'avais aucun symptôme de la maladie, mais j'ai des amis qui ont éprouvé plus de difficultés à revenir au pays parce qu'ils avaient des rhumes. »

Au début de la crise, Isabelle Rodier n'était pas trop inquiète car celle-ci était surtout concentrée dans la ville de Mexico, mais depuis quelques jours, des cas suspects avaient été identifiés à Monterrey. Dimanche, l'école a été annulée pour éviter les contacts entre les foules, mais les lieux publics n'avaient pas encore été fermés.

Son père, qui baigne dans le milieu de la santé, était terrorisé devant le développement de la situation au Mexique. « Toute la famille craignait pour la santé d'Isabelle. Nous avions peur qu'elle devienne malade, si loin. Nous ne connaissions pas l'état des services de santé là-bas. Nous avions peur qu'elle soit prise là-bas en cas de pandémie. Plein de scénarios nous sont passés par la tête. Qu'arriverait-il si le Mexique fermait la frontière pour empêcher la propagation ? Notre inquiétude a augmenté quand son université a fermé. C'était son ancrage et elle se retrouvait toute seule pour s'occuper de tout ça. Mettons que j'étais content de lui voir le visage à l'aéroport », a raconté André Rodier.

Malgré sa mésaventure des derniers jours, Isabelle Rodier assure qu'elle a vécu une expérience très enrichissante au Mexique. « J'ai voyagé énormément pendant la session et j'ai pu apprendre l'espagnol. Les Mexicains sont très chaleureux. »

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