De passage en Saskatchewan, M. Harper a dit sentir une certaine inquiétude mais pas de « panique » parmi la population. Il a ajouté avoir l'impression que le public écoutait les recommandations des responsables de la santé publique et réagissait de façon appropriée.
Il a aussi demandé aux gens d'éviter l'appellation « grippe porcine » car cette maladie, a-t-il rappelé, n'a rien à voir avec le porc. Il emboîte ainsi le pas à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a rebaptisé le virus jeudi, dans l'espoir d'éviter toute confusion.
« Ce sont les humains qui sont à risque. C'est ça, la préoccupation, a-t-il insisté lors d'un point de presse sur l'agriculture. Ce n'est pas la santé de l'industrie porcine qui est en jeu ici alors nous encouragerons cette (nouvelle) terminologie. »
La Colombie-Britannique est la plus touchée parmi les provinces canadiennes avec 15 cas confirmés, suivie de la Nouvelle-Écosse (14), de l'Ontario (12) et de l'Alberta (8). Le Nouveau-Brunswick abrite un malade, tout comme le Québec, où la situation est stable depuis jeudi.
D'après les autorités sanitaires, toutes les personnes atteintes souffrent d'une forme bénigne de la maladie. Elles ont été invitées à rester à la maison pour éviter de contaminer leurs proches et leurs collègues de travail. Certaines sont déjà guéries ou en voie de l'être.
Le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, a néanmoins rappelé qu'on s'attendait à ce que le nombre de victimes du virus continue d'augmenter et que certaines personnes pourraient en mourir.
C'est aussi l'avis de l'administrateur en chef de la santé publique, le Dr David Butler-Jones. Selon lui, il est encore trop tôt pour savoir comment la maladie évoluera. « Le virus mute constamment », a-t-il insisté, lors de la conférence de presse quotidienne.
Il a en outre rappelé que la grippe saisonnière faisait chaque année des centaines de victimes au pays, en dépit des campagnes de vaccination.
Afin d'informer la population sur les moyens à prendre pour se protéger de la grippe A ainsi que des autres formes d'influenza, le gouvernement canadien a donné hier le coup d'envoi à une campagne de sensibilisation dans les médias traditionnels, ainsi que dans des sites de réseautage sur Internet comme Facebook et Twitter.
Les publicités, mises au point au cours des deux dernières années, encourageront notamment les Canadiens à se laver les mains régulièrement, à éternuer dans leur manche et à rester à la maison s'ils sont malades.
« Notre expérience en santé publique démontre que ces mesures simples sont les plus efficaces », a fait valoir le docteur Butler-Jones.
La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, a précisé que son gouvernement était prêt à intensifier ses efforts de communication, si nécessaire.
Ailleurs dans le monde
En fin d'après midi hier, 564 cas de grippe A avaient été confirmés à l'échelle mondiale, dont 343 au Mexique, 146 aux États-Unis, 35 en Europe et deux en Israël. Un premier cas a en outre été signalé en Asie, à Hong Kong.
La maladie a fait au moins 13 morts depuis la mi-avril, toutes au Mexique à l'exception d'un bébé décédé au Texas.
Considéré comme le foyer du virus, le Mexique ne calcule désormais que les cas de grippe A qu'il a pu confirmer officiellement. Les autorités s'attendent à ce que leur nombre grimpe rapidement, à mesure que des tests sont effectués. Jeudi, l'OMS estimait le nombre de malades mexicains à environ 2500.
Le niveau d'alerte de l'OMS demeure à 5 sur 6, c'est-à-dire que l'on n'assiste pas encore à une pandémie de grippe A (H1N1), qui par définition serait « une transmission établie de ce nouveau virus dans de multiples pays et de multiples régions du monde ».










