La grippe porcine «passe en dessous du radar des autorités de santé animale» car elle est considérée comme «bénigne», a regretté lundi le Dr Peter Ben Embarek, directeur pour la sécurité des aliments à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Contrairement à la grippe aviaire, la grippe porcine ne fait pas partie des maladies animales qui doivent être signalées aux autorités internationales.
L'apparition du virus mutant d'origine porcine au Mexique et aux Etats-Unis «va sûrement changer notre point de vue sur ce groupe de virus et il va falloir probablement revoir notre système de surveillance côté animal pour aussi inclure ce genre de maladie», a déclaré à l'AFP le Dr Embarek.
Au lieu d'être détectées chez les humains, comme c'est le cas du nouveau virus A(H1N1), des menaces infectieuses devraient être repérées d'abord chez les animaux afin de permettre une riposte précoce, a-t-il expliqué.
La première phase d'alerte pandémique de l'OMS est déclenchée lorsqu'un virus potentiellement dangereux est détecté chez des animaux mais qu'aucune infection vers l'être humain n'a été signalée.
Dans le cas de la grippe porcine qui se répand actuellement, l'OMS est passée rapidement au niveau d'alerte 4, sur une échelle de six, en raison de la propagation du nouveau virus entre humains au Mexique et aux Etats-Unis.
Les équipes d'experts continuent de rechercher l'origine du nouveau virus qui a contaminé à ce jour 1.025 personnes, dont 26 sont mortes, dans 20 pays, selon les chiffres de l'OMS.
Selon le Dr Embarek, la chaîne d'infection entre l'animal et l'homme devrait être établie «assez rapidement».
«C'est probablement un virus qui peut circuler en aller et retour entre l'être humain et le porc», a-t-il estimé en commentant la découverte pendant le week-end au Canada d'une possible infection par un homme d'un élevage de porcs.











