Les experts du Laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg, ont en effet complété le séquençage génétique de trois virus H1N1 provenant de cas confirmés en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Mexique.
« Il s'agit d'une première mondiale » et « d'une étape très importante », s'est réjouie hier la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq.
Surtout, cette découverte indique maintenant aux chercheurs que même si la maladie s'est avérée jusqu'à présent beaucoup plus virulente au Mexique qu'au Canada, il s'agit du même virus.
« Il n'y a rien dans les données génétiques qui montre une différence entre les trois virus et qui explique une différence dans la sévérité de la maladie entre le Mexique, le Canada et les États-Unis », a déclaré le directeur général scientifique du Laboratoire national de microbiologie, le Dr Frank Plummer.
D'autres conditions sous-jacentes pourraient donc expliquer la virulence de la maladie en terres mexicaines, a ajouté le Dr Plummer, dont l'équipe a travaillé jour et nuit depuis une semaine pour parvenir à séquencer le virus.
Une question demeure également en suspend : celle de l'origine de la grippe A (H1N1). Le séquençage devrait permettre d'y répondre, croit le directeur général scientifique.
Cette découverte est un pas important en avant. Elle pourrait mener, ultérieurement, jusqu'à la conception d'un vaccin, a pour sa part souligné la Dre Danielle Grondin, sous-ministre adjointe des maladies infectieuses et mesures d'urgence à Santé Canada.
Connaître le virus
« L'importance est de comprendre le génome. Ce sont les particularités génétiques du virus qui permettent d'établir ses caractères, comment il pourrait réagir. Connaître le virus nous permettra d'avancer dans la science, dans toutes les étapes, pour, à la toute fin, connaître l'épidémiologie du virus, comment il fonctionne, sa virulence. »
L'Organisation mondiale de la santé réunira pour sa part des fabricants de vaccin au cours d'une téléconférence la semaine prochaine. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce qu'il adviendra lorsqu'un vaccin sera mis au point.
« Selon des estimations conservatrices, nous aurons besoin d'un à deux milliards de doses de vaccin contre le virus H1N1 si nous avons une pandémie », a indiqué la Dre Marie-Paule Kieny, directrice de l'Initiative for Vaccine Research, à l'OMS.
La capacité annuelle de production du vaccin contre la grippe saisonnière est d'environ 900 millions à l'échelle mondiale, a-t-elle précisé.
Le Canada a par ailleurs passé le cap des 200 cas confirmés hier avec l'annonce de 36 nouveaux cas, ce qui porte le total à 201.
Le Québec a de son côté vu le nombre de ses cas doubler pour atteindre un total de 10. Il s'agit tous de cas bénins, qui n'ont pas requis d'hospitalisation.
Au pays, un seul cas a nécessité une hospitalisation, celle d'une jeune fille en Alberta, à la suite de complications respiratoires. Elle prend maintenant du mieux.
Pour l'instant, la plupart des infections ont été contractées à la suite d'un voyage au Mexique. La transmission du virus de personne à personne inquiète moins les autorités pour le moment.
À l'échelle canadienne, « les premiers détails analysés montrent que seulement 25 % n'ont pas voyagé », a déclaré le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier.
Quant aux 29 étudiants et au professeur québécois qui étaient retenus en quarantaine dans un hôtel du nord-est de la Chine, ils ont été libérés hier. Les voyageurs ne présentaient aucun signe de maladie, mais les autorités chinoises ne voulaient prendre aucun risque. Un suivi médical sera assuré aujourd'hui, mais le groupe est libre de vaquer à ses activités.












