«On veut lancer un message fort à la population. Si vos élus y croient, si les experts le disent, je pense que maintenant, il faut que la population soit convaincue que le geste le plus important à faire pour prévenir la grippe A (H1N1), qui est une maladie mortelle dans certains cas, est la vaccination. C'est un message avec une symbolique très forte qu'on veut lancer à la population du Québec», a lancé le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Seul le représentant de l'Action démocratique du Québec, Eric Caire, était absent, mais «pour de bonnes raisons», a précisé le ministre Bolduc.
C'est d'ailleurs lundi que commençait officiellement la vaccination contre la grippe A (H1N1). Priorité était donnée aux travailleurs de la santé qui oeuvrent dans les établissements de santé, comme les médecins et les infirmières.
Tour à tour, MM. Bolduc, Drainville et Khadir ont donc relevé leur manche, sous l'oeil des caméras, pour donner l'exemple et rassurer ceux qui sont encore indécis ou craintifs face au vaccin.
Les autres clientèles jugées vulnérables suivront, selon chaque plan régional, comme les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes souffrant d'une maladie chronique.
Des craintes encore
La méfiance ou, en tout cas, l'incertitude persiste pourtant dans la population.
Encore lundi, le Globe and Mail rapportait les résultats d'un sondage non scientifique, fait par Internet, selon lequel 49 pour cent des Canadiens envisageaient de se faire vacciner. Un sondage similaire réalisé en juillet avait pourtant indiqué que 62 pour cent des répondants pensaient le faire. Il y a donc eu un déclin du nombre d'intéressés entre les deux périodes.
Interrogé à ce sujet, le ministre Bolduc, lui-même médecin, s'est néanmoins montré optimiste.
«A partir du moment où on a débuté la vaccination, nos messages vont devenir de plus en plus forts. La population doit être convaincue que pour prévenir la grippe, il faut se faire vacciner. Non seulement on s'empêche d'être malade, mais on empêche également la transmission du virus à d'autres personnes, dont celles qu'on aime, et les gens avec qui on travaille», a martelé le ministre Bolduc.
Députés d'opposition
Le député Khadir, lui aussi médecin et même microbiologiste-infectiologue, a expliqué sa crainte rationnelle de la grippe A (H1N1).
«Moi je le crains le virus du H1N1. Pas dans l'état actuel des choses, mais ce virus-là, comme n'importe quel virus de l'influenza, est appelé à muter, à avoir des petites transformations dans sa machinerie interne, qui peuvent faire en sorte que le virus peut devenir beaucoup plus grave, beaucoup plus violent, avec des conséquences beaucoup plus graves pour la santé des gens que ce qu'on a connu à date. Donc ce qu'on fait, c'est pour prévenir ça», a expliqué le député de Québec solidaire.
Le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, y est allé d'un argument plus personnel et altruiste à la fois en faveur du vaccin.
«Ma propre fille a 11 ans. Quand tu entends parler qu'une petite fille de 11 ans est décédée de la grippe H1N1 en Ontario, tu ne peux pas faire autrement que de penser à ta propre fille. Moi j'ai pensé à ma fille ce matin et j'ai pensé à mes deux garçons. Je pense que le vaccin, il est peut-être controversé, mais c'est la meilleure protection que nous puissions nous donner, à nous-mêmes et à ceux qu'on aime», a témoigné M. Drainville.
Cà et là, quelques problèmes ont été décelés dans les différentes campagnes de vaccination. Dans certains cas, des gens qui ne faisaient pas partie de la clientèle prioritaire des travailleurs de la santé se sont présentés et ont quand même été vaccinés. Un pharmacien d'une pharmacie privée de Montréal a affirmé s'être fait dire qu'il devait se rendre à Longueuil pour se faire vacciner.












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