Même si les garderies sont considérées comme un service essentiel par le ministère de la Famille, les éducatrices ne sont pas admissibles à la première vague de vaccination.
La directrice du centre de la petite enfance Aux nids des petits à Gatineau, Karyne Tremblay, y perçoit une certaine incohérence de la part des autorités.
« Les enfants sont des personnes à risque. Les éducatrices sont aux premières lignes avec ces enfants. Pourtant, elles ne sont pas considérées comme des personnes ayant droit de se faire vacciner dans la première vague. J'ai un peu de difficulté avec cela. Pourquoi vaccine-t-on des ministres, mais pas des éducatrices en contact direct avec des enfants ? »
En prévision de la pandémie, les CPE ont même été forcés de préparer des « plans de continuité ». En d'autres mots, les responsables des garderies ont dû établir des listes d'employés pour remplacer les éducatrices qui tomberont au combat, victime de la pandémie.
« Nous sommes considérés comme un service essentiel, mais notre personnel n'est pas vacciné, reprend Mme Tremblay. Il y a une certaine logique qui m'échappe, j'arrive mal à faire le lien. On nous demande d'assurer nos services en continuité, par contre, on ne vaccine pas nos éducatrices tout de suite. »
L'Association des CPE de l'Outaouais a fait des démarches auprès des autorités en vue d'organiser des cliniques de vaccination dans les différents CPE. Sans succès jusqu'ici.
« On a commencé par appeler l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, qui nous a relayés à la Direction de la santé publique. On a laissé un message détaillé le 27 octobre pour dire qu'on souhaite avoir des cliniques de vaccination pour les gens qui travaillent en CPE. On n'a jamais retourné notre appel », regrette Anne Desforges, directrice générale de l'Association des CPE de l'Outaouais.
« Incohérence »
La vaccination des éducatrices vise d'abord à protéger les enfants dont elles ont la garde, soutient Mme Desforges. « On dit que les enfants sont les personnes les plus vulnérables à la grippe. Comment peut-on les protéger, nous qui travaillons avec eux tous les jours, si nous ne sommes pas vaccinées ? D'un côté, on a le ministère de la famille qui considère les CPE comme un service essentiel en période de pandémie. De l'autre, il y a le ministère de la Santé qui ne nous considère pas dans ses priorités pour la vaccination. Il y a une incohérence, une très grande incohérence. »
À l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, on rétorque que les éducatrices ne représentent pas une clientèle à risque.
« Le groupe prioritaire est constitué de personnes qui présentent des risques de complications si elles ont le virus. Les travailleuses de garderie ne font pas partie du groupe prioritaire, parce qu'elles ne sont pas à risque de complications », a dit Céline Jacob, porte-parole de l'Agence de la santé de l'Outaouais.
AVEC PATRICE GAUDREAULT














