« Si le juge s'était rendu aux arguments de la défense, cela aurait peut-être envoyé le message que, dans la culture politique canadienne, les questions d'éthique ne sont pas des questions criminelles. Dans l'opinion publique, on aurait pu croire que les questions d'éthique ne sont pas importantes. C'est donc une bonne chose que le juge décide de poursuivre et que cette affaire soit débattue selon la procédure juridique », a-t-elle expliqué hier, quelques minutes après que le juge Douglas Cunningham eût fait connaître sa décision en rejetant la motion de non-lieu de la défense.
Caroline Andrew a ajouté que cet exercice permettra d'assainir le débat politique en vidant une fois pour toutes la question.
Rappelant qu'elle n'est pas juriste, elle était tout de même peu encline à accepter la comparaison qui avait été avancée par les avocats de Larry O'Brien, à savoir que les agissements du maire étaient semblables aux gestes posés par des transfuges politiques.
La députée conservatrice Belinda Stronach avait été citée en exemple quand elle était devenue ministre libérale.
« On pense aux moeurs électorales. Selon les avocats d'O'Brien, il n'y a que les transferts d'argent qui relèvent d'une plainte criminelle. Le reste est une affaire de tradition, de culture et d'éthique. En choisissant de continuer le procès, le juge dit que les suggestions de postes et les faveurs en font aussi partie », a-t-elle dit.
Selon elle, en rejetant la motion de non-lieu, le juge voudra ainsi apporter une réponse à la question initiale quant à la nature criminelle des gestes qui lui sont reprochés.
« Sinon, il aurait seulement mis un terme au débat. Maintenant, il veut plutôt éliminer toute ambiguïté. »












