Les effets secondaires de la chimiothérapie continuent de se faire sentir pour Gabrielle Gauthier.
Après une hospitalisation de 24heures à la suite d'une infection, ce sont cette fois des champignons à l'intérieur de la bouche qui lui ont causé des problèmes.
Comme la situation ne semblait pas vouloir se résorber, le médecin lui a prescrit un gargarisme médicamenteux.
«Les personnes qui suivent une chimiothérapie doivent faire attention à ne pas manger trop chaud ou épicé, car on a l'intérieur de la bouche plus sensible. J'ai eu des champignons sur les gencives et ma langue est devenue tout épaisse. On peut se gargariser avec un mélange de bicarbonate de soude, de sel et d'eau mais ça n'a pas été suffisant», a expliqué la dame.
Les problèmes de stomatites ou de mucites sont fréquents chez les personnes qui sont traitées pour un cancer.
Ces champignons sont un signe de la toxicité de la chimio qui cause l'abrasion de la bouche et des muqueuses.
Gabrielle Gauthier a téléphoné à son infirmière pivot en oncologie à l'Hôpital de Gatineau pour s'informer de ce qu'elle pouvait faire.
C'est à ce moment que l'oncologue a pu lui prescrire cette recette médicamenteuse.
Elle a dû se gargariser quatre fois par jour, durant 10 jours. Après une semaine, elle a senti une nette amélioration.
«J'ai recommencé à manger sans que ça ne me fasse trop mal», a-t-elle indiqué.
En plus de la fatigue et des nausées qui surviennent toujours à la suite d'un traitement, Gabrielle Gauthier a rappelé que la nourriture n'avait plus le même goût.
«Parfois, ça ne goûte même pas la moitié de ce que ça devrait goûter», a-t-elle dit. Mais elle a ajouté qu'elle avait un peu plus envie de manger.
«On nous conseille de prendre de petits repas plus souvent. C'est ce que je fais. En fin de semaine dernière, j'ai presque tout mangé ce qu'il y avait dans mon assiette. J'étais contente.»
Des traitements difficiles
Toutefois, elle a dit se sentir de plus en plus faible après chaque traitement de chimio. Elle se sent même littéralement vidée après avoir fait quelques courses.
«C'est comme si je venais de faire mon ménage du printemps! Puis on reprend du mieux. Quelques jours avant le traitement, on fait un bon ménage mon mari et moi parce qu'après, je sais que je ne ferai pas grand-chose pendant les deux semaines qui vont suivre.»
Les maux de tête qui surviennent après chaque traitement doivent aussi faire leur temps. Gabrielle Gauthier n'a pas le choix. Elle doit se reposer afin de reprendre des forces. «Je n'ai pas envie de retourner à l'hôpital.»
Après son troisième traitement, elle s'était sentie mal. Elle avait même été hospitalisée après plusieurs jours de fièvre liée à une sinusite. Son taux de globules blancs était à la baisse et cette situation, combinée à une élévation de la température du corps, était synonyme d'infection.
Toutes les trois semaines, elle se rend à l'hôpital pour la durée de ses traitements qui s'étendent sur une période de deux à troisheures. Là-bas, elle a pris l'habitude de discuter avec d'autres personnes atteintes du cancer et qui sont elles aussi en traitement. «Chacun raconte son histoire, sa chimio. Ça nous encourage.»
Elle a avoué qu'à la suite du dernier article la concernant, elle ne savait plus si elle devait continuer à raconter son histoire au LeDroit ou bien arrêter de se livrer.
«J'étais un peu déprimée, down. J'en ai parlé à l'infirmière pivot qui m'a encouragée à poursuivre. Elle m'a assuré que d'autres femmes lui avaient dit que ça leur faisait du bien, qu'elles n'étaient pas les seules à passer au travers d'un cancer. Mais c'est vrai que des fois, je ne veux pas qu'on pense à moi comme étant la personne de qui on parlait dans le journal et qui n'est plus là pour le prochain article. L'infirmière m'a dit que ma façon de m'impliquer était très positive. Ça fait du bien à d'autres sans que je le sache.»
Si tout se déroule comme prévu, elle aura terminé ses six séances de chimiothérapie d'ici le 1ermai. Ensuite, elle aura droit à une pause d'un mois avant d'entreprendre ses traitements de radiothérapie. Elle devrait alors subir 10 traitements à raison de deux par jour pendant 10 jours. «Je n'ai pas le choix. Mais au moins il n'y aura pas d'effets secondaires. Ça peut faire comme une brûlure ou bien la peau peut peler comme après un coup de soleil mais ça n'a rien à voir avec la chimiothérapie.»
Lorsqu'elle a été diagnostiquée avec un premier cancer du sein en 1991, elle avait dû suivre des traitements similaires. «Cette fois, c'est une nouvelle sorte de traitement dirigé entre la peau et le muscle. Avant, c'était plus dangereux parce que ça pouvait aller vers les organes internes.»












