Des groupes d'aide aux immigrants réitèrent leurs demandes pour Haïti

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Séisme en Haïti

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Séisme en Haïti

Suivez la mobilisation dans la région d'Ottawa-Gatineau à la suite du terrible séisme qui a frappé Haïti. »

Keder Hyppolite, du Conseil national des citoyens d'origine... (Photo: Armand Trottier, La Presse)

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Keder Hyppolite, du Conseil national des citoyens d'origine haïtienne, se dit se extrêmement déçu du manque de volonté du gouvernement canadien de faciliter et d'accélérer l'immigration haïtienne au Canada.

Photo: Armand Trottier, La Presse

 

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Des groupes de la communauté haïtienne se disent  «extrêmement déçus» du manque de volonté du gouvernement canadien de faciliter et d'accélérer l'immigration haïtienne au Canada et lui demandent de reconsidérer sa décision.

Du même souffle, ils mettent aussi les Québécois d'origine haïtienne en garde contre les soi-disant consultants en immigration qui promettent de leur faciliter les choses ou d'accélérer le processus d'immigration au Canada.

Au cours d'une rencontre avec la presse, mardi à Montréal, Keder Hyppolite, du Conseil national des citoyens d'origine haïtienne, s'est dit incapable d'accepter l'attitude du gouvernement canadien. «Maintenant en Haïti, l'ambassade canadienne n'a pas de personnes sur place pour traiter les dossiers. Pourquoi ne pas faciliter les personnes qui sont déjà dans le processus, en faisant entrer leurs parents ici qui attendaient depuis trois ou quatre ans, déjà, dans le système de demande de résidence pour traiter les dossiers sur place? C'est ce qu'on a fait pour les dossiers de Rwandais. Il y a beaucoup de mesures, dans le passé, qui ont été prises sur lesquelles on peut s'appuyer pour devenir plus flexible. Cette flexibilité-là, nous la demandons parce que c'est le moment de le faire. A situation exceptionnelle, nous demandons des mesures exceptionnelles», a lancé M. Hyppolite.

Marjorie Villefranche, porte-parole de la Maison d'Haïti, déplore la «réponse froide et administrative» du gouvernement canadien, alors que «les gens commencent à avoir des nouvelles (de leurs proches, qui leur disent: «on a un perdu un tel; il reste un tel; mais on est dans la rue» ou «j'ai survécu mais je vais mourir de faim'.»

Mme Villefranche invite par exemple le gouvernement canadien à ne plus exiger le paiement de «frais de traitement énormes» pour les dossiers. Les groupes ont évoqué des frais de traitement de 550 $ par adulte et 150 $ par enfant et, pour le parrainage familial, de 475 $.

Québec ouvert

Plus tôt dans la journée, la ministre de l'Immigration du Québec, Yolande James, avait exprimé l'ouverture du gouvernement du Québec face aux demandes émanant de la communauté haïtienne. «Nous, on a l'oreille attentive face aux demandes et aux besoins de la communauté et je m'attends à ce que ce soit la même chose pour M. (Jason) Kenney», le ministre fédéral de l'Immigration.

Mme James a souligné que le Québec avait 2000 dossiers, réglés pour sa part, «qu'on souhaite voir accélérés» par le gouvernement fédéral.

Le premier ministre Jean Charest, quant à lui, a confirmé cette ouverture en la nuançant. «On veut accueillir les gens tout en tenant compte de notre capacité d'intégration. On est conscients de ça. Il ne s'agit pas d'y aller tous azimuts», a-t-il dit.

«On veut une situation adaptée à la situation haïtienne», a insisté le premier ministre Charest, en faisant référence aux discussions du gouvernement du Québec avec le gouvernement fédéral. Il a rappelé que les deux gouvernements avaient su agir ainsi dans le cas du Liban, en 2006.

Le ministre de l'Emploi Sam Hamad, quant à lui, a expliqué que la question des réfugiés relevait de la Convention de Genève. Québec verse une aide financière temporaire aux personnes visées, durant la période où leur dossier est évalué par le gouvernement fédéral. Le ministre Hamad a précisé que la somme atteignait 700 $ par mois pour une personne, 1200 $ pour une famille et 100 $ additionnel par enfant.

Interrogé à savoir si le Québec avait les moyens de soutenir financièrement un important afflux de réfugiés, le ministre Hamad a répondu que «si demain matin on avait une centaine de milliers de réfugiés, la réponse c'est non, parce que c'est un poids financier majeur. Il faut regarder ça avec le fédéral. Actuellement, on n'en est pas là».

La chef de l'Opposition officielle Pauline Marois, de son côté, a carrément proposé «que le Québec fasse preuve d'audace dans ce sens-là et mette Ottawa même devant les faits» en accueillant les oncles, les tantes, les neveux et les nièces des Québécois d'origine haïtienne qui désirent venir au Québec.

«Il ne faut pas s'enfarger dans les problèmes administratifs et techniques, a lancé Mme Marois. En autant qu'on est capables de faire des liens avec les familles existantes ici, présentes sur le territoire québécois.»

Prudence

De son côté, Rivka Augenfeld, de la Table de concertation des organismes au services des personnes réfugiées et immigrantes, demande aux Québécois d'origine haïtienne de redoubler de prudence face aux soi-disant consultants en immigration qui ne sont pas toujours en règle et qui promettent d'accélérer les choses pour eux et leur famille. Elle a déploré la présence de certains intermédiaires, qui ne sont pas avocats ou consultants en immigration en règle, et qui profitent de la situation pour servir leurs propres intérêts.

Avocat d'expérience spécialisé dans les dossiers d'immigration, Me Stéphane Handfield a confirmé la présence d'intermédiaires qui se disent spécialisés en immigration et qui font diverses allégations. «On en a vu et on en voit. Malheureusement, il y a toujours des gens qui vont profiter des malheurs des autres pour profiter eux-mêmes de cette situation», a-t-il commenté en entrevue.

«Un avocat, ce qu'il peut faire dans un dossier, c'est de s'assurer que la demande va être remplie convenablement, qu'il n'y aura probablement pas de délai ou d'erreurs qui pourraient être commises dans un dossier, que les documents nécessaires vont être annexés. Mais il n'y a pas un avocat qui peut vous garantir que le dossier va aller plus vite parce qu'il est dans le dossier», a pris soin de préciser Me Handfield.

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