Le séisme de mercredi force l'évacuation du plus gros hôpital de Port-au-Prince

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Jean-Benoit Legault
La Presse Canadienne

La réplique sismique d'une magnitude de 6,1 qui a secoué Haïti mercredi matin a forcé l'évacuation du plus important hôpital de la capitale, a expliqué à La Presse Canadienne un médecin québécois qui est sur place pour le compte de la Croix-Rouge canadienne.

Pour sa part, un représentant de l'organisme Vision Mondiale en Haïti dit déceler un nouvel espoir et un nouvel optimisme chez plusieurs Haïtiens.

Joint au téléphone à Port-au-Prince, le docteur Sylvain Couture a révélé que des centaines de patients qui se trouvaient à l'Hôpital universitaire de l'Etat d'Haïti sont maintenant dans les rues du site universitaire.

«C'était une mesure de précaution, a-t-il dit au sujet de l'évacuation. Il n'y a pas eu d'autres édifices ou d'autres murs qui sont tombés (...) C'était une bonne secousse par-dessus la secousse du 12 janvier.»

Les patients, certains sur civières et d'autres souffrant de blessures graves, sont abrités sous quelques tentes en attendant de pouvoir réintégrer l'hôpital. Le bloc opératoire aurait déjà été sécurisé et l'inspection des autres bâtiments se poursuit.

Le docteur Couture a expliqué que les patients souffrent aussi de la faim et de la soif, puisque l'eau et la nourriture sont presque impossibles à trouver, et que la seule eau qu'ont reçue certains est celle qui leur a été apportée par leurs proches.

«Il n'y a pas de mauvaise volonté de la part de qui que ce soit, mais la logistique est tellement complexe», a-t-il expliqué. La situation devrait toutefois s'améliorer au cours des prochaines heures, puisque des livraisons d'eau et de vivres sont attendues.

La secousse de mercredi matin a toutefois semé la panique, a dit le docteur Couture.

«On se demande si c'est possible d'être plus en détresse que les Haïtiens le sont depuis le 12 janvier, mais je ne le crois pas, a-t-il dit. C'est la crise d'apporter les soins, la crise d'organiser les choses, on accumule les traumatismes et les difficultés pour les patients... C'est un petit enfer ici en ce moment.»

Mais Paul-Émile César, de Vision Mondiale, dit que les secours s'organisent lentement. «Petit à petit, il y a des actions qui sont menées pour fournir de l'eau, de la nourriture et des premiers secours, a-t-il dit depuis Port-au-Prince. Il y a eu beaucoup de confusion dans les premiers jours après le désastre, mais au fur et à mesure que l'aide arrive, les gens reprennent espoir.»

Et si la tâche de reconstruction à long terme s'annonce particulièrement lourde, a ajouté M. César, plusieurs Haïtiens y voit une occasion de reconstruire quelque chose de plus solide, «au sens littéral comme au sens figuré».

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