Une chercheuse de l'UQO en Haïti avec la gouverneure générale

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Séisme en Haïti

Suivez la mobilisation dans la région d'Ottawa-Gatineau à la suite du terrible séisme qui a frappé Haïti. »

Denyse Côté, professeure au département de travail social... (Photo de courtoisie)

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Denyse Côté, professeure au département de travail social et des sciences sociales de l'UQO

Photo de courtoisie

 

Dominique La Haye
Le Droit

Dans l'ombre de la gouverneure générale Michaëlle Jean qui revient tout juste d'un voyage en Haïti se trouve une chercheuse de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) qui l'accompagnait durant ce retour aux sources chargé d'émotion.

Il s'agissait aussi d'un périple déchirant pour Denyse Côté, professeure au département de travail social et des sciences sociales de l'UQO qui travaille depuis 1986 avec les groupes de femmes haïtiennes à titre de directrice de l'Observatoire sur le développement régional et l'analyse différenciée selon les sexes (ORÉGAND).

« C'est un choc de voir l'état dans lequel se trouve le pays. En survolant en hélicoptère, on voit le nombre de camps de réfugiés et les maisons qui se sont écroulées. C'est hallucinant », a confié la professeure à partir de la République dominicaine, hier, lors d'une entrevue téléphonique avec LeDroit.

Lors du séisme en janvier dernier, la Gatinoise a perdu deux collaboratrices de longue date de l'observatoire, Magalie Marcelin, bénévole dans la lutte pour l'obtention de droits pour les filles et les femmes d'Haïti et contre la violence qui leur est faite, et Myriam Merlet, directrice jusqu'en 2008 du cabinet du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes d'Haïti.

« Les femmes haïtiennes lancent le message qu'elles sont toujours là, malgré la perte de leurs leaders. Elles veulent continuer à lutter pour l'égalité entre les femmes et les hommes », constate la professeure.

Mme Côté fait notamment référence à une manifestation organisée, lundi, par le ministère haïtien de la Condition féminine et aux Droits des Femmes en présence de Michaëlle Jean et qui a réuni 2000 femmes dans les rues de Port-au-Prince.

La reconstruction d'Haïti devra se faire avec la participation pleine et entière des femmes, insiste la chercheuse.

« Le danger, c'est qu'on oublie les femmes et qu'elles ne soient pas partie prenante des décisions liées à la reconstruction du pays », indique Mme Côté.

L'observatoire organise une campagne qui vise à appuyer l'entière participation des femmes dans tous les processus décisionnels, allant des secours d'urgence à la reconstruction du pays.

La professeure souligne qu'en situation de conflits ou de catastrophes naturelles, les femmes sont souvent plus vulnérables. Leur filet de sécurité s'effrite et leurs structures d'aide sont affectées.

« C'est connu qu'en situation de désastre la violence envers les femmes augmente et le viol aussi », fait-elle remarquer.

Au cours de cette visite de deux jours avec la gouverneure générale, Mme Côté a sillonné le pays, de Port-au-Prince à Léogâne et à Jacmel, pour terminer à Saint-Domingue en République dominicaine.

Mme Côté a constaté qu'une grande solidarité entre les Dominicaines et les Haïtiennes s'est développée aux lendemains du tremblement de terre.

« Les femmes de la République dominicaine ont utilisé les moyens du Web pour donner des nouvelles sur la situation », dit-elle.

L'organisme ORÉGAND que Mme Côté dirige a d'ailleurs pris le relais dès le début de la crise sur Internet avec un blogue français et créole, afin que soit apportée de l'aide humanitaire.

« On a pu rendre visibles les besoins des femmes haïtiennes et ce, même à distance », dit-elle.

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