Cette offre, elle est venue il y a un mois et demi par téléphone. On devine la réponse de l'ancien spécialiste du saut à ski maintenant âgé de 74 ans.
M. Gravelle a accepté sur le champ de participer au relais du flambeau de Vancouver 2010 lorsque celui-ci traversera sa ville natale le 11 décembre prochain. Sa voix masquait mal sa joie hier à l'idée de savourer à nouveau un moment olympique. Les dirigeants canadiens n'avaient pas oublié sa contribution sportive.
Ne reste qu'Ã particpier
«J'ai déjà reçu l'uniforme qu'il faut porter. Là , il me reste simplement à participer», a-t-il fait remarquer. Le septuagénaire était excité à l'idée de tenir à bout de bras une flamme qu'il a vu brûler la dernière fois en 1960 lorsque les Jeux ont été disputés à Squaw Valley, aux États-Unis.
«J'ai de la misère à me rappeler. C'est loin ça», a-t-il confié en début d'entrevue.
Mais une dizaine de minutes plus tard, ses souvenirs olympiques avaient refait surface. Il avait terminé 34e à l'épreuve individuelle.
«Les Allemands étaient trop forts, a-t-il souligné.
«En plus, il faisait frette et il y avait ben de la neige. On se retrouvait très haut dans les montagnes. Les gens là -bas avaient travaillé très forts pour préparer la piste.»
Une rare espèce
Membre de l'équipe canadienne pendant sept ans, Gérard Gravelle a fait partie d'une rare espèce. Il a été le sixième et avant-dernier Québécois à participer à une épreuve de saut à ski aux Jeux. Cette discipline est maintenant dominée par les athlètes de l'Ouest canadien. Dans l'est du pays, il n'y a aucune infrastructure.
L'Outaouais avait formé plusieurs champions entre les années 1950 à 1980. Ces espoirs sautaient à Camp Fortune.
C'était le cas de M. Gravelle.
C'était l'époque aussi où les athlètes de diverses disciplines ont sacrifié carrément leur corps pour la science sportive. Des chutes brutales et des blessures majeures qui ont mené à des percées importantes dans le développement de l'équipement.
Qu'une tuque pour protection
«On n'était pas trop bien protégé dans mon temps», a souligné M. Gravelle.
(Il suffit de consulter la photo qui a été fournie par sa famille. On voit leur héros sans casque, ni lunette protectrice. Et ça, en plein vol.)
«On ne portait qu'une tuque, c'est tout», a-t-il dit en riant.
Ce dernier a été chanceux. Il n'a été victime que d'un accident majeur en carrière. Il s'est fracturé des côtes en 1962 à Zacopane, en Pologne, aux championnats du monde.
«Ça m'avait pris six mois pour m'en remettre et recommencer à travailler», a relaté M. Gravelle, qui a oeuvré dans le domaine de la construction.
À la retraite depuis 20 ans, sa conjointe et lui habitent maintenant à Gracefield, dans la Haute-Gatineau. Ils demeurent actifs en jouant aux quilles une fois par semaine tout en foulant les terrains de golf durant l'été.
Une stratégie
Porter la flamme sur 300 mètres ne l'énerve pas du tout. Il se dit en pleine forme, ayant même déjà établi une stratégie de course comme dans le bon vieux temps.
«Je vais marcher, puis courir un bout pour ensuite marcher à nouveau. Je vais faire durer le plaisir», a-t-il ajouté en riant à nouveau.
Il fera noir quand Gérard Gravelle se baladera sur la Montée Paiement, en direction du Centre de préservation de Gatineau. Il est prévu que le flambeau lui sera transmis à 18h51.
Le relais se poursuivra dans les secteurs Hull et Aylmer le lendemain pour ensuite traverser la rivière des Outaouais. Des anciens athlètes olympiques, dont Carolyn Waldo, prendront la relève à Ottawa. La mère de famille, qui est maintenant journaliste à CJOH, avait remporté deux fois l'or à Séoul en 1988 et l'argent quatre ans plus tôt à Los Angeles.














