"Ça soulage le coeur. Ça fait 10 ans que l'on travaille fort pour avoir ces mesures, nous et trois autres familles qui ont perdu des jeunes", a dit au Droit Theresa McCuaig, grand-mère de Sylvain, qui était parmi les familles rencontrées par M. Harper hier à Ottawa.
"On a fait nos devoirs. On a fait trois présentations à des comités parlementaires. On nous a ignorés. Mais aujourd'hui, c'est la première fois que l'on nous écoute sérieusement."
Le premier ministre est "très approchable, très sincère" et il comprend les familles qui ont perdu des proches aux crimes violents, a-t-elle ajouté.
La fille de Theresa McCuaig et mère de Sylvain Leduc, Carole Maheux, était aussi parmi les invités.
"C'est à peu près temps qu'il y ait du changement. La justice, c'est souvent trop mou, surtout quand on a vécu ce que nous avons vécu."
Mme McCuaig précise qu'elle n'est pas animée par un sentiment de "vengeance". Les mesures annoncées hier comprennent aussi plus d'argent pour réhabiliter les jeunes.
Elle souligne que les 10 agresseurs de son petit-fils - dont cinq jeunes contrevenants - ont reçu des sentences de 14 à 30 mois. Ils ont été libérés une fois la moitié de cette sentence terminée. La plupart ont commis d'autres crimes à leur sortie et sont retournés en prison, dont un pour 10 ans, dit-elle.
"Ça prend du temps pour les travailleurs de réhabiliter ces jeunes. On ne fait pas de faveur aux jeunes quand on les laisse aller si vite. Ils retournent souvent en prison. On ne veut pas ces nouvelles mesures par vengeance, mais ça nous donne espoir pour les jeunes qui ont des difficultés."
Torturé à mort
Dans la nuit du 25 octobre 1995, Sylvain Leduc, qui avait alors 17 ans, son meilleur ami et deux de ses cousines de 16 ans ont été kidnappés. Les quatre adolescents ont été ligotés, battus et torturés dans un appartement du secteur Nepean, à Ottawa, par des membres du gang Ace Crew. Sylvain Leduc a reçu des coups à la tête et est mort d'asphyxie. Son décès, suivi du long procès a défrayé les manchettes des médias locaux.
Aujourd'hui, Theresa McCuaig se rend souvent au palais de justice d'Ottawa où elle aide les familles victimes de crimes violents.










