Répondant à une question sur le logement social, M. Pouyot a déclaré que des assistés sociaux pourraient participer à la construction de nouveaux logements.
Selon lui, certains bénéficiaires ne font pas d'effort et, au lieu de «regarder la télévision», ils pourraient aider «dans la mesure de leur capacité».
Ces commentaires n'ont pas plus à la candidate néo-démocrate dans Gatineau, Françoise Boivin. Selon elle, il ne faut pas responsabiliser les gens qui «sont dans le trouble». «Ils ne font pas exprès pour être pauvres. Il y a des gens qui pensent exactement ça. Il y a encore beaucoup de travail à faire.»
Diane Tremblay, présidente du Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO), le regroupement qui organisait le débat, a discuté par la suite avec M. Pouyot.
«Ce que je disais à M. Pouyot, c'est que les gens que nous côtoyons sont en grande majorité impliqués dans leur projet de vie.
«Il arrive que les gens soient découragés, qu'ils manquent de moyen, qu'ils traversent des périodes de crises et que ce soit très difficile. Que les personnes s'impliquent et prennent en main leur vie, on est tous d'accord avec ça. Mais encore est-il que pour être capable de bâtir sa maison, il faudrait avoir régler le problème de "Est-ce que j'ai mangé ce matin ?'"»
Frédéric Pouyot a tenu à nuancer ses propos après le débat, précisant qu'il n'a pas voulu généraliser.
«Si on attend que la seule aide possible que l'on peut obtenir, c'est l'aide de l'État, je pense qu'il faut qu'il y ait un effort volontaire qui soit fait. Ça ne veut pas dire que je généralise, que tous les gens sur l'aide sociale ne font aucun effort.»
Selon M. Pouyot, il faut sortir de cette philosophie où l'État est la solution à tous les problèmes. Il a dit vouloir proposer de nouvelles solutions où les gens pourront avoir un rôle à jouer dans la société afin de les revaloriser.
Absence d'un candidat conservateur
Comme ce fut le cas avec d'autres débats électoraux dans la région, aucun candidat conservateur ne s'est présenté au débat du CRIO. Les organisateurs avaient installé une chaise vide.
Le candidat libéral dans Hull-Aylmer, Marcel Proulx, a dit regretter l'absence d'un adversaire conservateur. Il a rappelé la promesse du Parti libéral de construire 30 000 nouveaux logements à travers le pays, en plus de rénover 30 000 autres unités.
Françoise Boivin du NPD a expliqué que son parti est prêt à consacrer 1 % du budget fédéral aux logements sociaux.
Le candidat bloquiste dans Gatineau, Richard Nadeau, a rappelé pour sa part que 8 milliards $ de surplus dorment dans les coffres de la Société canadienne d'hypothèque et de logements (SCHL). Cet argent pourrait servir à construire du logement social.
La présidente du CRIO, Diane Tremblay, a dit apprécier la connaissance générale des candidats sur la situation de la pauvreté en Outaouais. Quant aux réponses, elles sont parfois encourageantes, mais souvent décevantes, dit-elle.
Le CRIO reçoit environ un million $ du fédéral en vertu du IPLI (Initiative des partenariats de lutte à l'itinérance). Ce programme vient toutefois à échéance en mars 2009 et le CRIO estime que l'Outaouais aurait réellement besoin de 3 millions $.











