Pour se faire soigner par son médecin, Mme Gaudreault doit se déplacer jusqu'au village ontarien d'Embrun, à une cinquantaine de kilomètres de Gatineau. La consultation coûte plus cher qu'au Québec.
«Il faut que je paie pour la différence entre les frais du Québec, qui sont remboursés par la Régie de l'assurance-maladie du Québec, et les frais que mon médecin recevrait si elle avait une patiente de l'Ontario.»
Selon Mme Gaudreault, les Québécois doivent avoir la possibilité, comme elle, d'aller se faire soigner en Ontario tant qu'il y aura une pénurie de médecins, de spécialistes et d'infirmières en Outaouais.
«Je n'ai jamais eu de médecin de famille au Québec. Quand j'ai aménagé dans la région, j'ai habité d'abord deux ans à Ottawa. Mon médecin était là et je l'ai toujours gardé même quand j'ai déménagé au Québec.»
En entrevue hier, Mme Gaudreault a plaidé en faveur de la mise en place de «couloirs de services» entre le Québec et l'Ontario. Elle dit que pareille collaboration existe entre les agences de santé de Montréal, par exemple.
«L'importante, dans tout ça, c'est d'offrir le service. On est dans une situation de grande précarité par rapport au nombre de médecins auquel on a accès, pas juste ici en Outaouais, mais partout au Québec. En Ontario aussi, c'est plus compliqué d'avoir accès à un médecin et je pense que tant qu'on sera dans cette situation, il faut trouver la façon d'avoir des ententes avec l'Ontario.»
L'Agence de santé de l'Outaouais a embauché du personnel pour évaluer les besoins des Québécois des soins de santé en Ontario, ajoute-t-elle.
Ses propos tranchent avec le discours ambiant des dernières années en faveur du rapatriement, au Québec, des soins de santé dispensés en Ontario.
«On a rapatrié la majorité de nos patients», affirme à ce sujet Mme Gaudreault, avant d'ajouter que tous ces efforts ont été sabotés par l'ancien gouvernement péquiste.
En plus de mettre à la retraite des milliers de médecins et d'infirmières dans les années 1990, l'ancien gouvernement de Lucien Bouchard a diminué les admissions à l'université.
«Catastrophe» corrigée
Une « catastrophe » que les libéraux ont corrigée, selon elle, en admettant davantage d'étudiants en médecine. Les premières cohortes obtiendront leur diplôme en 2009-2010.
«À partir de là, chaque année, on va avoir de nouveaux médecins qui n'ont pas de patients. Tu peux parler de 3000 patients pour chaque nouveau médecin. C'est quelque chose.»
Le défi sera de les attirer en Outaouais, convient la candidate libérale. Pour réussir, il faut abandonner les discours « négatifs » propagés par son adversaire péquiste Gilles Aubé. De tels propos nuisent au recrutement, dit-elle.
Quant à la proposition de l'adéquiste Gilles Taillon d'offrir aux infirmières la parité salariale avec l'Ontario, Mme Gaudreault la juge irréalisable.
«L'Ordre des infirmières n'est pas d'accord avec ça», dit-elle.













