Même s'il a pris sa retraite de la politique active, Philippe Boucher demeure un passionné. Chroniqueur à la radio FM 104,7, il a eu l'idée de cette petite soirée. Outre ses collègues Marie-Lou St-Onge (Tag Radio) et Simon Bachand, il y avait trois jeunes militants : Étienne Boulerice (libéral), Simon La Terreur et sa copine (oui, c'est son vrai nom, du Parti québécois) et Jean-Nicolas Martineau (ADQ).
Réunissez autant de fervents de la politique dans une même pièce et vous êtes sûrs d'une chose : vous assisterez à deux débats durant la soirée, celui qui se déroule entre les chefs à la télévision et celui qui se déroule en même temps dans le sous-sol. Les deux aussi animés l'un que l'autre !
Les premières constatations touchent l'habillement des chefs. Marie-Lou St-Onge s'improvise chroniqueuse mode. « Pauline joue la valeur sûre avec son tailleur noir. Charest a choisi la mauvaise cravate, elle est bleue ! Quand à Dumont, aucun commentaire (elle n'aime pas sa cravate). »
Le débat débute. Après un premier moment de timidité, les esprits s'échauffent. Quand Dumont bafouille en parlant d'économie, le libéral Boulerice lui tombe dessus à bras raccourcis. « Il s'est royalement planté là-dessus ! » Jean-Nicolas Martineau défend son chef quelques secondes plus tard. Dumont vient de féliciter Charest pour son programme d'aide à la rénovation. « C'est bien de donner le crédit aux autres partis quand ils ont de bonnes idées. »
Plus silencieux, Simon La Terreur pianote sur son portable. Il suit sur Internet le débat parallèle de Françoise David de Québec solidaire. Il consulte aussi buzzz.tv où les internautes peuvent réagir en temps réel au débat des chefs. Les graphiques laissent entendre qu'il y a de nombreux péquistes en ligne. Il suffit que Pauline ouvre la bouche pour que les graphiques s'animent.
Le débat file dans le temps de le dire. C'est le temps des bilans. Nos trois militants se défendent d'être coupables de partisanerie. Mais, comme par hasard, chacun donne son chef gagnant !
Simon La Terreur, PQ : « Charest s'est empêtré dans les chiffres. Dumont a montré qu'il est un bon débatteur, mais manque d'éléments tangibles et allumés. Je l'ai senti mou. Marois a gagné. Elle n'est pas tombée dans le piège du négativisme, n'a pas cherché à en faire trop. Point négatif : elle m'a semblé un peu gaga, un peu trop fofolle quand elle parlait à la caméra. Ça m'a semblé moins convaincant. »
Jean-Nicolas Martineau, ADQ : « Difficile de déterminer un gagnant. Dumont a passé son message, il a été clair, net et précis. L'électorat sait à quoi s'attendre, que ce soit pour un système de santé mixte, la position autonomiste ou les commissions scolaires. Charest a présenté un rapport comptable. Sa vision d'avenir, un espace économique, n'est pas ce qu'il y a de plus inspirant. Marois a présenté plusieurs idées, mais n'a pas dit comment elle ferait, comme quand elle propose de réduire la taille des classes. Mon regret : on a très peu parlé d'environnement. »
Étienne Boulerice, PLQ : « Le grand gagnant, c'est Charest. On a vu un Charest confiant en ses dossiers, en son bilan. Normal qu'il ait parlé de chiffres, il doit faire le bilan de son gouvernement. Au niveau de sa gestuelle, par contre, il y a eu des lacunes. Dumont a fait une belle prestation, bien que trop populiste à mon goût. De grandes phrases dans le style du mouvement de droite mondial, c'est un peu épeurant pour les Québécois. Marois a été à la hauteur, mais on ne peut pas parler de victoire dans son cas. »












