Les «13» travaux de Manon Séguin

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Les «13» travaux de Manon Séguin

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Manon Séguin

Archives, LeDroit

Jean-François Dugas
Le Droit

Manon Séguin vient de vivre une année du tonnerre. Les prochaines s'annoncent aussi palpitantes. Elle a plein de projets à l'horizon : tournées au Québec et dans les Maritimes, une autre probable avec les B.B. et peut-être même une visite chez les cousins français. Petit train va loin pour l'interprète originaire de L'Orignal, dans l'Est ontarien.

Entamant bientôt sa 12e année de carrière, la jeune femme de 23 ans fait son chemin dans l'industrie musicale canadienne. Son public grandit comme la portée de ses chansons. Sa voix, sa passion dépassent les bornes de la capitale nationale.

 

Cette ouverture sur le monde s'est déclenchée avec l'enregistrement de son premier album d'oeuvres originales, au début de l'année 2008. Manon Séguin a eu le privilège d'enregistrer Le désert de l'automne sur les planches de l'Olympia à Montréal.

Ce sont les nouveaux propriétaires de la salle mythique qui ont invité la jeune interprète à s'y produire à la suite d'une prestation faite en 2006, au même endroit, devant des producteurs et diffuseurs.

Charmés, les Français tenaient à travailler avec Manon Séguin. Ils lui ont même ouvert leur catalogue d'une centaine de chansons originales. Le tri a fait en sorte que 13 titres - un chiffre important pour la principale intéressée - se sont retrouvés sur son album.

L'interprète est particulièrement fière du produit final. «Ce sont MES chansons. Il y en a plusieurs où j'ai fourni des idées parce que j'aime les textes profonds. Moi les petites chansons...»

Et justement, les sujets sont variés. De la perte d'un être cher à la réalité des enfants qui vivent des conflits armés, en passant par Arthur - une chanson taboue traitant du travestisme - il y a en a pour tous les goûts.

Il a conquis immédiatement de nouveaux fans. «La chanson titre a bien fonctionné en région. D'ailleurs, ce sont des endroits que l'on veut visiter au courant de l'été ou de l'automne, parce que ce sont des places que je n'ai jamais visitées telles la Gaspésie et les Îles de la Madeleine. L'album a été le deuxième meilleur vendeur francophone l'été et l'automne derniers dans les Maritimes», se réjouit-elle.

Ainsi, après avoir parcouru les quatre coins de l'Ontario en 2008, l'équipe de Manon Séguin mettra le cap sur l'est du Canada cette année.

Les B.B.

Toutefois, avant de rencontrer ses nouveaux fans, Manon Séguin devrait se produire sur scène avec le très populaire trio de la fin des années 1980, les B.B..

«Pour moi, ce sont des idoles d'enfance. Quand (le chanteur) Patrick Bourgeois s'est coupé les cheveux, j'ai pleuré pendant deux jours», s'esclaffe-t-elle.

Déjà, elle a agi à titre de choriste lors de leur spectacle de retrouvailles au 20e anniversaire des FrancoFolies de Montréal, en juillet dernier. Deux spectacles, 50 000 spectateurs à chaque fois. L'euphorie, quoi !

«Quand tu vois toutes les marches de la Place des arts remplies de gens... Tu n'entends pas les applaudissements ou les cris. C'est plutôt une vague d'énergie. C'était malade !»

Le succès des spectacles a tellement créé une vague d'enthousiasme chez les nostalgiques que le trio s'est vu offrir quelques dizaines d'occasion de spectacles. Les B.B. renoueront donc avec la scène, cette fois avec une seule choriste... Manon Séguin !

«J'aime le fait qu'ils me laissent beaucoup de place. Je ne suis pas juste la petite fille qui chante en arrière. Je suis à l'avant-scène et c'est une belle visibilité pour moi. En plus, c'est possible que j'assure la première partie à certaines places en tournée.»

Les dates de la tournée doivent être annoncées au mois de mars.

Un avenir prometteur

En plus de son horaire chargé, Manon Séguin pourrait tenter une percée en France en 2010. Le fait que les propriétaires de l'Olympia, dont un est le réalisateur de son album, sont Français ouvre des portes dans l'Hexagone. «C'est définitivement une option intéressante, mais nous avons aussi obtenu une invitation de Nashville (aux États-Unis) pour produire un album anglophone. Il faudra déterminer lequel on voudra poursuivre. Au moins nous avons des choix», soutient Mariette Lafrance, impresario de la jeune interprète depuis ses débuts.

Le pays de Sarkozy ou d'Obama ? Peu importe, la carrière internationale de Manon Séguin pourrait se déclencher à sa 13e année de profession. Logique qu'elle perce compte tenu de ce chiffre magique... Elle est née un vendredi 13. Elle fait 13 bonds sur place avant d'entrer sur scène. La 13e lettre de l'alphabet est le «M» comme «Manon» et ainsi suite. Bref, contrairement au grand public, elle affectionne particulièrement ce chiffre et plusieurs superstitions en découlent.

Fière Franco-Ontarienne

Si Manon Séguin aspire à une carrière internationale, cela ne veut pas pour autant dire qu'elle renie ses origines. En effet, elle porte fièrement son bracelet franco-ontarien au poignet droit. Elle s'affiche sans gêne. «Je ne pense pas que je peux oublier cela. Ce n'est pas mon but non plus. C'est tellement présent dans ma vie.»

Ses efforts lui ont valu une nomination dans la catégorie Interprète féminine au prochain Gala des prix Trille Or, qui récompense les artistes de la musique et de la chanson francophone en Ontario et dans l'Ouest canadien.

jfdugas@ledroit.com

correspondant régional

Est ontarien

 

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