Vous avez commencé votre carrière comme enseignante, avant de bifurquer vers les relations publiques et la télévision. Qu'est-ce qui dicte votre plan de carrière?
J'ai la bougeotte! À la fin des années 1960, une femme avait trois choix: être enseignante, infirmière ou secrétaire. J'avais comme modèle ma tante Gisèle Lalonde, une enseignante qui faisait plein d'autres choses. Ma mère, elle, voulait être journaliste. Je suis parvenue à joindre les deux. La vie fait bien les choses!
Quand j'ai accompli ce que j'ai à faire dans un milieu, je migre vers un autre projet.
Ici, ce qui me passionne de mon émission, ce sont les gens que je rencontre. J'espère avoir un impact sur la vie des gens. Nos invités démontrent chaque jour une remarquable capacité à surmonter la souffrance, à être heureux.
En plus d'une carrière à la télé, j'anime plusieurs événements et galas. Prendre part à des activités comme le lancement du Festival canadien des tulipes, auquel j'ai participé [mercredi], ça m'allume. Même si on peut leur reprocher la façon dont ils ont traité les francophones il y a quelques semaines. C'est important de célébrer.
À quel moment avez-vous pris conscience de votre identité francophone?
Vanier dans les années 1950, 1960, c'était comme vivre au Québec. Tout se faisait en français. On ne connaissait pas grand-chose de l'extérieur. Il y avait une famille anglophone protestante sur notre rue, mais on ne leur parlait pas. On se disait: «Pauvres eux-autres, ils vont aller en enfer!» (rires)
Tout a changé l'été de mes 14 ans. Mon frère Michel et moi avions obtenu un emploi au ministère de l'Éducation, à Ottawa. Je vous assure, ce fut un choc culturel total! Je ne comprenais pas ce que mes collègues disaient, même si j'avais vécu en Ontario toute ma vie. Je n'arrivais pas à concevoir que notre pays soit si anglophone. C'est là que j'ai réalisé que j'étais francophone.
Ce constat, est-ce ce qui vous a poussé à vous impliquer dans votre communauté?
Je n'ai jamais été une militante franco-ontarienne, comme ma tante Gisèle l'a été avec S.O.S. Montfort.
Je trouve important d'être enracinée dans ma communauté, pour mieux la transformer.
La francophonie d'Ottawa d'aujourd'hui est beaucoup plus passionnante que ce que j'ai connu, plus jeune.
Maintenant, la francophonie, c'est un défi. C'est un choix. Mais avec l'immigration, la culture francophone est beaucoup plus vibrante.
On rencontre plein de gens.
Quel est l'invité qui vous a le plus marqué?
Il y en a tellement, notamment le fondateur de l'organisme Présence musulmane, Abdourahman Kahin. On pense pareil: quand on enlève toutes les étiquettes, on se rend compte qu'on est semblables. Il y a aussi le prêtre congolais Jean-Paul Muké et Georges Sioui, premier autochtone à recevoir un doctorat en histoire au Canada. Ces hommes nous rappellent qu'en bout de la ligne, les religions ont souvent le même message.
La spiritualité occupe une grande place dans votre vie.
Oh oui! Marie, c'est ma chum! Je lui parle constamment. L'important dans la vie, c'est trouver le bonheur ultime, peu importe les difficultés que l'on rencontre. Je suis catholique, mais je m'intéresse à tout, comme la méditation bouddhiste. Tout ce qui peut élever l'esprit me fascine.
Qu'est-ce qui vous fait vibrer? Vous inspire?
M'asseoir avec des gens issus de toutes les cultures, discuter avec eux et apprendre. Ce sont les rencontres qui me font vibrer. J'aime les gens qui font ce qu'ils aiment, envers et contre tous. Ça pousse à aller plus loin.
Vous pouvez voir l'émission Pour tout l'amour du monde, animée par Ginette Gratton, du dimanche au vendredi, à 16h00, sur les ondes de TV Rogers.











